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Après la rencontre avec les leaders religieux, le candidat IBK a tenu son premier meeting le même jour dans l’après-midi sur le boulevard de l’indépendance. Les militants venus des six communes de la capitale ont réservé un accueil digne au kankélétigui. Celui-ci a profité de l’occasion pour rassurer les jeunes, les femmes et autres responsables qu’il est bel et bien engagé pour le combat du 29 avril, et qu’il n’est dans aucun compromis avec le pouvoir en place pour partager les postes de responsabilité.

C‘est dans une véritable ambiance populaire que le candidat IBK a été accueilli à son arrivée sur le Boulevard de l’indépendance par les responsables du Bureau politique national, des bureaux des jeunes et des femmes, des élus de la nation et des élus communaux. Des banderoles et pancartes appelant au soutien au candidat étaient brandies par les militants du RPM et du Club Jigiya 2007, le tout au rythme des chansons de Bako Dagnon, de Seydou Balani et d’autres troupes traditionnelles.

Pour les militants déchaînés, 2007, ne sera pas comme 2002, le parti ne se laissera pas spolier de sa victoire. D’entrée de jeu, IBK a précisé qu’il a accepté beaucoup de choses pour ce pays. Toutes choses qui ont souvent été mal interprétées.

Ainsi il évoquera le cas du Maouloud où il est apparu aux côtés du président ATT. Certains ont affirmé qu’il a signé un pacte occulte avec ATT pour que ce dernier reste président et qu’il garde l’Assemblée nationale.

Le kankélétigui a juré la main sur le cœur n’avoir fait aucun compromis avec ATT. «Je ne serai jamais dans un compromis avec qui que ce soi contre le peuple malien. Ceux qui le font répondront devant l’histoire» a-t-il dit. Avant de rappeler qu’en 2002 tout avait été fait pour l’empêcher d’être élu au perchoir de l’Assemblée nationale et plus tard le RPM sera exclu du bureau de la même institution.

En décidant de briguer la magistrature suprême, IBK ambitionne de restaurer l’autorité de l’Etat, de relancer et partager la croissance pour que les Maliens ne puissent pas mourir de faim. Ce qui n’est pas le cas ces dernières années. En effet, si le pouvoir sortant se vante d’avoir récolté des milliards de FCFA à l’extérieur, IBK s’interroge : «ces milliards de la pauvreté ont été investis dans quoi ?». Et aux militants de répondre simplement «rien» !.

Les Maliens continuent de mourir de faim. La preuve est le rapport 2006 du PNUD sur l’indice de développement humain durable. Ce document classe notre pays au 175ème rang sur 177 pays classés. Pour le candidat IBK : «ce classement est indigne du Mali, il donne à réfléchir. Comment après un tel classement on peut dire qu’on a réussi, on a réussi dans quoi si on n’arrive pas à donner à manger et à boire suffisamment aux populations? ».
Pour lui donc, l’heure du changement est arrivée. Le peuple doit se mobiliser pour aller voter massivement contre ce système le 29 avril prochain.

Quant aux responsables du parti, de concert avec les autres partis signataires du FDR, ils veilleront au respect de la loi et surtout à l’audit du fichier électoral. Car, prévient IBK, les chiffres avancés par la DGE – 6,8 millions d’électeurs sur 12 millions d’habitants, 7,8 millions de cartes d’électeurs confectionnées – ne rassurent guère.

Auparavant, Bakari Konimba Traoré, vice-président du parti et secrétaire général adjoint de la Section III qui recevait l’événement avait invité les militants à la mobilisation le jour J.

Youssouf CAMARA

10 avril 2007.