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Au cours des grands meetings qu’il a animés à Ségou, Niono, Macina, Markala, San, Bla et Tominian, IBK est sorti de sa réserve concernant la gestion du Général ATT, candidat à sa propre suc­cession. Pour lui, le pouvoir ATT, qu’il juge de «multimonopartisan», est basé sur l’acquisition des intérêts personnels et sordides d’un homme et de son clan. Ce qui est à l’antipode des normes républi­caines et démocratiques avec son corol­laire de dérives qui portent atteinte au dé­veloppement du pays. C’est pourquoi, il a demandé aux milliers de citoyens ren­contrés sur sa route de se donner la main pour chasser ce régime.

Entré en plein dans la campagne pour la présidentielle du 29 avril prochain, le pré­sident du RPM, El Hadji Ibra­him Boubacar Kéïta et la délégation de sa direction de campagne qui l’accom­pagne ont drainé une foule impressionnante à Ségou, Niono, San, Bla et Tominian.

En effet, ce sont des milliers et des milliers de militants et sympathisants qui leur ont réservé un accueil digne des grands jours, souvent jusqu’à des heures indues comme ce fut le cas à San où IBK et sa délégation, quoique arrivés à deux heu­res du matin, ont trouvé du monde qui les attendait. Ce qui lui a fait dire que « Les Ma­liens ont compris la réalité du vécu quotidien. Qu’ils sor­tent assez massivement pour m’accueillir est un si­gne qui ne trompe pas, sur­tout en ces temps-ci où les actes d’allégeance au régi­me sont malheureusement la règle » a indiqué IBK dans des lieux des meetings.


«Le RPM doit gagner, peut gagner et va gagner»

En effet, les populations des localités visitées ont ré­servé un accueil triomphal à IBK et à la délégation qui l’accompagne. En plus des arrêts spontanés occasion­nés par des sympathisants dans les villages voire les bourgs situés sur le trajet du cortège, IBK était accueilli à plusieurs kilomètres loin de la ville et accompagné com­me un chef d’Etat par un cortège impressionnant com­posé de véhicules, de mo­tos et de chevaux.

Ainsi, après le trajet marathon Fana, Dioïla, Konobougou, et Baraouéli, IBK est rentré tardivement la nuit du ven­dredi 13 avril à Ségou où l’at­tendaient dans une atmos­phère de fête, des milliers et des milliers de militants au stade municipal.

Le can­didat du RPM, requinqué à bloc, a été obligé de repor­ter le meeting au samedi 14 avril, au même lieu. « Chers militants et militantes, je ne souhaite pas vous rencon­trer la nuit. Je souhaite que l’on puisse se voir en plein jour, se regarder les yeux dans les yeux pour se dire des choses » a déclaré. A l’heure indiquée du rendez-vous, soit à 10 heures, ils étaient encore là, détermi­nés à jamais avec des slo­gans comme « Le RPM doit gagner, peut gagner et va gagner pour le bonheur du peuple malien ».

Pour corroborer cette affirmation, le secrétaire gé­néral de la section de Sé­gou, Seydou Dembélé, a dépeint la situation du pays et singulièrement celle de sa ville. Le constat est peu reluisant à travers le ta­bleau qu’il a présenté du Mali. Il est caractérisé par la pauvreté, le chômage des jeunes, la décadence de l’école, la corruption, le népotisme, le trafic d’influen­ce etc. Toutes choses qui feront dire à IBK qu’ATT a déçu.

« J’ai soutenu et appe­lé à soutenir ATT pour des raisons objectives. A l’épo­que, il m’a convaincu de tout faire pour un Mali meilleur. Ainsi, j’ai voulu le mettre à l’épreuve. Et, au bout du test, le constat est décevant. Voyez dans quelle condition nous vivons. La faim nous a envahi alors que nous avons le plus grand poten­tiel en matière d’auto-suffi­sance alimentaire à savoir l’Office du Niger avec son million d’hectares aména­geables et le barrage de Markala. La vie est chère, l’argent ne circule pas. Bref, le pays est bloqué et nous tournons en rond. Ainsi, pour sortir ce pays, notre pays de cette léthargie, nous devons nous mettre ensemble pour mettre fin au régime d’ATT basé sur l’acquisition des intérêts personnels et sordi­des d’un homme et de son clan et qui est à l’antipode des normes républicaines et démocratiques avec son co­rollaire de dérives qui entra­vent le développement du pays » a déclaré IBK partout où il est passé.

Spécifique­ment, il a eu des messages propres à certaines locali­tés comme dans la zone de l’Office du Niger (Niono, Ma­cina, Markala) où il a mis l’ac­cent sur l’assistance aux paysans et la rigueur dans la gestion du géant de la ri­ziculture. Comme à Niono, IBK a pris une position clai­re et nette à San, Tominian et Bla par rapport à l’affaire de Samaya où l’église est opposée au Libanais Geor­ges Francis au sujet du sé­minaire.

Sur la question, IBK a estimé que l’église a été victime d’une escroquerie à grande échelle. Il est pour la restitution des biens de l’église. Et cela, il l’a fait sa­voir aux chrétiens, catholi­ques et protestants à la fa­veur d’une visite de courtoi­sie qu’il leur a rendu à Nio­no, San, Tominian et Bla.

Les leaders de la commu­nauté musulmane ne sont pas restés en marge car, partout où ils ont été, IBK et sa délégation leur a rendu visite et leur a demandé de faire des prières pour le Mali.

Alassane DIARRA

17 avril 2007.