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Cette révélation a été faite par IBK lui-même à Koulikoro, le samedi 28 juin dernier, dans la salle des spectacles de la Maison des jeunes. C’était au cours de la conférence régionale du RPM dans cette localité.

Faisant un tour d’horizon des grands sujets d’actualité, IBK a affirmé qu’il a bel et bien échappé à un assassinat entre Ber et Rharous, en pleine crise au Nord alors qu’il était encore Premier ministre en 1994 et qu’il effectuait une visite de terrain afin de rassurer les Maliens, notamment ceux du Nord, sur le rôle que son gouvernement projetait de jouer pour le retour de la paix et la stabilité.

Comme à l’accoutumée, le président du Rassemblement Pour le Mali (RPM) El Hadji Ibrahim Kéïta a profité des assises de la conférence régionale de son parti à Koulikoro, le samedi 28 juin dernier, pour jeter un regard critique sur les sujets d’intérêt national. Tels que la vie chère, la crise scolaire et la situation dans la région de Kidal.

Si, pour les deux premiers sujets, IBK a tenu un discours déjà entendu qui se résume à «l’incompétence du gouvernement à trouver des solutions adéquates aux problèmes des Maliens», toutes choses qui lui a toujours fait dire que «le pouvoir ATT a échoué», concernant le dernier sujet, la crise dans la région de Kidal, il a fait une révélation surprenante.

A savoir qu’il a échappé bel et bien à un assassinat entre Ber et Rharous alors qu’il était Premier ministre en 1994 et qu’il se trouvait en visite de terrain afin de rassurer les Maliens, notamment ceux du Nord, sur le rôle que jouera son gouvernement pour le retour de la paix et de la stabilité. «J’ai travaillé pour la paix au Nord du Mali.

Pour cela, j’ai parcouru, à fond, toute cette partie du pays, de Tombouctou à Kidal en passant par Gao. A l’époque, rares sont les hommes politiques qui pouvaient faire autant.

D’ailleurs, des conseillers m’avaient dit de faire le trajet par avion. J’ai refusé parce que je voulais aller rassurer mes compatriotes. A Tombouctou, j’ai déclaré l’un des bandits ennemi national et j’ai donné des moyens à l’Armée de régler le problème. Un pays se gère avec rigueur pour le bien du peuple.

Pour cela, j’ai échappé à un assassinat. Un jour, à Paris, la confidence m’a été faite par un ami qui m’a dit qu’on voulait me tuer entre Ber et Rharous, quand, au crépuscule, mon cortège s’est immobilisé à la suite d’une panne technique d’un des deux BRDM qui m’accompagnaient pour ma sécurité.

Il m’a dit que deux bandits étaient désignés pour m’égorger, au moment où je me préparais pour la prière. En ce moment, j’étais sans aide de camp. Il m’a dit que les assaillants n’étaient pas d’accord entre eux sur mon sort, au regard de mon courage à venir rassurer les populations du Nord face à la crise. Toute chose qui a fait que j’ai eu la vie sauve.

J’ai cru à ce que mon interlocuteur m’a narré. Car, effectivement entre Ber et Rharous, au moment où le cortège était immobilisé, les services de sécurité m’ont dit que nous ne pouvions rester longtemps dans cette zone, au regard des risques à encourir.

Je leur ai dit que nous ne pouvions pas abandonner dans le désert un BRDM de l’Armée avec ses occupants. Ils étaient au nombre de trois : le conducteur, le surveillant et le tireur. Alors, j’ai dit que nous allons passer la nuit sur place s’il le faut, jusqu’à ce que l’engin soit réparé. Et c’est ce que nous avons fait, avant de rejoindre Bamba le lendemain matin.

Là-bas, ce que nous avons vu est assez horrible et je m’en souviendrai jusqu’à la fin de mes jours. A Bamba, j’ai vu le corps d’une femme enceinte qu’on a éventré au bord de la mare, à côté de ses enfants égorgés. Et c’est nous qui les avons enterrés» a laissé entendre IBK. Avant de souligner qu’il connaît assez la crise au Nord.

La gestion de cette crise «n’est pas chose facile» a-t-il reconnu, après avoir soutenu qu’il faut de la détermination et de la rigueur pour en finir avec elle. Pour cela, il a estimé, comme il l’a toujours affirmé, que «l’Accord d’Alger n’est pas un accord capable de réinstaurer la paix et la quiétude recherchées par le peuple malien.

L’histoire a donné raison au RPM à propos de ce fameux Accord d’Alger car, malgré tout, nos compatriotes sont en train de mourir» a-t-il conclu.

«Le choix du RPM est le plus difficile»

Après ce discours, les cadres et les militants du RPM se sont livrés à un exercice hautement démocratique qui a consisté à passer au crible toutes les questions liées à la vie du parti.

Après avoir analysé leurs forces et les faiblesses, IBK et ses camarades ont décidé de relever le défi de l’existence par le travail et l’abnégation afin de ne pas satisfaire «les oiseaux de mauvaise augure» qui oeuvrent, selon eux, pour la mort du RPM.

Ainsi, pour IBK «le choix fait par notre parti, celui de l’engagement pour le Mali, est le choix le plus difficile, car rocailleux et parsemé d’embûches.

Cependant, il est et restera celui de la vérité, de la dignité et de l’honneur qui ne s’accommodent pas avec la ruée sur les maroquins, les strapontins ministériels et autres postes administratifs».

A noter que les cadres et militants du RPM se sont livrés au même exercice, le dimanche 29 juin, au Centre international de conférences de Bamako, dans le cadre de la conférence du District.


Alassane DIARRA

Envoyé spécial à Koulikoro

01 Juillet 2008