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Sur le ton martial, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita a profité de la tribune de la pose de la première pierre de l’aménagement hydroélectrique de Gouina dans la Commune rurale de Diamou (région de Kayes), pour annoncer « qu’il ne prendra plus langue avec les groupes armés et que Kidal sera dans le giron du Mali« .

A la pose de la première pierre de l’ouvrage de Gouina, le 17 décembre 2013, le président IBK était dans tous ses états face à ce qu’il appelé les lâches et barbares assassinats de deux soldats sénégalais tombés en terre malienne le 14 décembre dernier.

En la mémoire des deux soldats de la Minusma, le chef de l’Etat a fait observer une minute de silence. En accomplissant dimanche dernier son devoir citoyen pour le 2e tour des législatives, le président du Mali avait fait montre de sa détermination à restituer au Mali son intégrité territoriale. Mardi encore à Gouina (Kayes), il s’est prononcé sur le même sujet mais avec force et insistance cette fois-ci en présence de ses homologues de la Mauritanie, du Sénégal et du Premier ministre guinéen.

« Je ne négocierai plus avec les groupes rebelles. Aucun rebelle ne saura se hisser à ma hauteur pour discuter d’égal à égal. Cela est inadmissible pour moi et pour mon gouvernement« , a tranché le chef de l’Etat malien.

Quand le compte à rebours ?

Toute porte à croire que l’attentat suicide de la semaine dernière survenu en 8e région a été l’acte de trop posé par les jihadistes.

IBK semble déterminé à en découdre avec les ennemis du Mali. A partir de cette sentence du chef suprême des armées, on incline à penser que le temps de la carotte pour gérer la crise à répétition est révolue. Place au bâton pour faire entendre raison aux terroristes.

IBK n’est plus prêt à ménager les ennemis du Mali, de la paix et de la sécurité, car « le Mali sera un et indivisible« , a-t-il IBK jurant que « Kidal sera dans le giron du Mali« .

En écho aux propos du président malien, le président Mohamed Ould Abdel Aziz, a reconnu que l’acte odieux perpétré à Kidal, « commande aux Etats membres d’intensifier la coopération régionale et sous-régionale« .

Les Maliens excédés conviennent que les terroristes en ont fait voir de toutes les couleurs. Et qu’IBK est le seul à sortir le Mali de cette humiliation. Les précédentes déclarations du président de la République en disent long sur sa volonté à venir à bout de la rébellion. Pourra-t-il le faire réellement ?

L’avenir nous édifiera.

Mohamed Daou

Les Echos du 19 Décembre 2013