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En tournée dans les régions de Mopti et de Ségou où il a présidé respectivement la conférence régionale des cadres et un séminaire atelier sur « démocratie interne et communication au sein du parti : le cas du RPM», le président des Tisserands, Ibrahim Boubacar Kéïta, n’a pas manqué d’aborder les dossiers brûlants de l’heure : l’épineuse question de l’école, l’insupportable vie chère et la douloureuse crise dans la région de Kidal. En conclusion, IBK a affirmé que « tout le monde sait que ATT a échoué »

Djenné, la ville jumelle de Tombouctou, la Mystérieuse, a abrité, le vendredi 6 juin, les travaux de la conférence régionale de la section RPM de Mopti. Ont pris part à cette conférence tous les délégués des sous-sections de la région.

Au menu : l’état des lieux du parti, les leçons à tirer du passé et du présent et les voies et moyens de le faire repartir sur de nouvelles bases afin de redonner au RPM toutes ses lettres de noblesse.

Pour cela, il faut « assainir » le parti, tout en « taisant les divergences et dégager une synergie« , ces mots sont du Secrétaire général de la section de Mopti, Alassane Cissé. Après avoir évoqué les faiblesses et insuffisances, les participants ont pris l’engagement de se battre en rangs serrés afin de redorer le blason du parti. Cela passe nécessairement par l’animation de la vie publique, la gestion des affaires du pays par la conquête des suffrages.

Auparavant, le jeudi 5 juin, le président du RPM accompagné de certains membres du Bureau politique national du parti dont le Secrétaire général, Bocari Tréta et le Secrétaire de la communication, Boubacar Touré, l’ex-député de Niono, avait animé un meeting sur la place publique de Djenné, après un accueil chaleureux.

Pour la circonstance, on pouvait lire sur les banderoles des slogans comme « hier avec la majorité, aujourd’hui dans l’opposition, où qu’on se trouve, nous resterons fidèles aux valeurs fondatrices de notre parti, le RPM ». « Contre vents et marée, rien n’arrêtera la marche du RPM« .

Au cours du meeting et lors des différentes cérémonies d’ouverture des travaux de la conférence régionale et du séminaire atelier de Niono, IBK a saisi l’occasion pour aborder les sujets d’actualité comme l’école, la vie chère et la crise dans la région de Kidal. Face à ces situations, le président du RPM affirmé que « tout le monde sait que ATT a échoué« .

Un constat suffisant à ses yeux pour ne pas « retourner à l’ADEMA » un parti dont le président, Dioncounda Traoré, aurait, à le croire, récemment affirmé que « l’échec d’ATT serait celui de l’ADEMA« . Ces propos, IBK les a tenus à Niono en répondant aux affirmations selon lesquelles il serait en train de se préparer en catimini pour retourner à l’ADEMA.

« ATT, un homme très sociable »

Pour le président du parti, son jugement sur les dossiers brûlants de l’heure n’a rien de méchant. A Djenné, lors de l’ouverture de la cérémonie des travaux de la conférence des cadres de la section de Mopti, IBK a soutenu qu’il n’est pas contre ATT.

« Le président de la République, Amadou Toumani Touré, est frère contre qui, je n’ai aucune intention malveillantes. J’apprécie hautement la valeur de son caractère social. Il me l’a démontré à plusieurs reprises. La dernière action a eu lieu, récemment, lors d’une cérémonie pas agréable qui me concernait (il s’agit du décès de la belle-mère d’IBK ndlr).

Ainsi, que l’on ne voit pas à travers mes critiques sur la gestion du pays un acte de méchanceté gratuite. Nous faisons partie des démocrates dignes de ce nom de ce pays, nous avons le devoir de porter des critiques objectives afin que les choses avancent pour le bonheur du peuple malien » a-t-il martelé.

Sortir le RPM de « l’aristocratie »

Fini le temps du monolithisme. Le Rassemblement Pour le Mali (RPM) entend désormais instaurer une vraie démocratie interne et une sincère communication au sein du parti. D’où le séminaire atelier de Niono tenu du 7 au 8 juin dont l’objectif était d’améliorer davantage le fonctionnement démocratique du parti.

Dans le cadre des activités de formation des cadres et l’animation du parti, le Rassemblement Pour le Mali (RPM) a organisé du 7 au 8 juin dernier, à Niono un séminaire-atelier sur le thème « démocratie interne et communication au sein du parti : le cas du RPM ».

Un thème d’importance capitale au regard du fonctionnement interne de nos partis politiques qui empruntent le réflexe du parti unique avec comme corollaire le culte de la personnalité. C’est justement cette mauvaise habitude que le RPM veut désormais combattre en donnant au parti toute ses lettres de noblesses.

Les missions attribuées aux formations politiques s’articulent autour de trois points essentiels : l’animation de la vie politique, la formation civique, l’encadrement des militants pour la conquête du pouvoir.

Afin d’atteindre ces objectifs, il faut une certaine cohésion basée sur les principes de la démocratie avec, à la clé, une communication digne de ce nom au sein du parti. D’où l’organisation du séminaire-atelier de Niono en collaboration avec Friedrich Ebert Stiftung (FES). A cet effet, le Rassemblement Pour le Mali (RPM) entend sortir de « l’aristocratie » qui a toujours porté préjudice au parti.

Faut-il le rappeler, ce séminaire-atelier sur « la démocratie interne et communication au sein du parti : le cas du RPM » intervient après l’atelier sur « la démocratie sociale en Afrique et au Mali« , tenu à Bamako, il y a juste deux semaines. Ce qui dénote de la volonté du RPM à prendre à bras-le-corps l’importante question de formation de ses militants et cadres.

Le séminaire-atelier de Niono avait pour objectif essentiel de faire l’état des lieux du fonctionnement démocratique et de la circulation de l’information au sein du parti, d’examiner la situation réelle du RPM dans ces deux domaines et de faire des propositions et recommandations pour corriger les faiblesses constatées afin d’améliorer davantage le fonctionnement démocratique du parti.

Le Représentant de Friedrich Ebert Stiftung, Dr Salabary Doumbia, qui a pris part aux travaux du séminaire-atelier de Niono, a fait une analyse assez claire du thème en ces termes : « Au sein d’un parti politique, comme dans un pays, la démocratie ne va pas s’épanouir simplement par ce qu’elle est proclamée.

En fait, une bonne direction et des structures de communication adéquates, la prise en compte des opinions de tous les membres du parti, la tolérance et l’esprit de compréhension sont des facteurs qui concourent à asseoir la démocratie interne au sein du parti».

«Parfois, ces facteurs favorisent l’inclusion et l’opportunité pour les membres de façonner la politique d’un parti et la participation de tous à la mise en œuvre des objectifs du parti. En ce moment, la démocratie au sein du parti tient compte des aspects liés à la sélection des leaders, au choix des candidats aux élections, à la définition de la plate-forme politique du parti, au contrôle financier et mesures contre la corruption, à la représentativité de ses membres et aux droits fondamentaux de membres« .

Pour le président du RPM, El Hadji Boubacar Kéïta, tout en reconnaissant certains comportement, peu orthodoxes, de la direction du parti, a invité les militants à se former afin d’être à la hauteur des attentes et de servir à hauteur de qualité. Pour cela, il a exhorté ses militants à avoir le sens de la communication digne de ce nom à tous les niveaux afin d’instaurer un vrai débat démocratique au sein du parti.

« Jamais, je n’ai été aussi heureux de présider le parti. Car aujourd’hui, je suis libre pour mener à bon port les activités du RPM ». De quoi réjouir les militantes et militants du parti venus de Nioro, Kita, Dioïla, Kati, Bougouni, Yanfolila, San, Tominian, Koro, Bandiagara, Bourem, Ménaka, Kidal et ceux de Niono et du District de Bamako qui se sont engagés à relever le défi pour que le RPM retrouve toute sa splendeur d’antan.

Indépendant du 10 Juin