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Le mercredi 4 mars 2012, Ibrahima N’diaye, 1er vice-président de l’Adema-Pasj, était l’invité de la radio Guintan pour donner la position de l’Adema à propos de la situation du pays et l’invitation de la junte vers une convention nationale.

« Il ne s’agit pas de venir en aide à quiconque ; c’est un combat de démocratie. On condamne tout coup d’Etat et nous sommes tous conscients de la difficulté que traverse notre pays actuellement ». Tels sont les propos du vice-président de l’Adema à la question relative à son appréciation du coup d’Etat. L’Adema condamne le coup d’Etat du 22 mars, et après 23 ans d’expériences d’un régime militaire, selon Iba N’Diaye, le peuple malien a une expérience assez désagréable et malgré des insuffisances, notre pays avec ses 22ans de démocratie, peut s’estimer heureux par un bilan assez satisfaisant. « Notre pays avait fait des avancées, nous étions cité en exemple », notera –t-il. Pour Ibrahima N’diaye, « le rôle des militaires n’est pas de gérer un Etat mais d’assurer la sécurité du pays ; comme dans la mosquée, chacun a sa place, il faut laisser la politique aux politiciens et les militaires n’ont pas à jouer un autre rôle ».

A son avis, il est primordial que les gens se battent pour la restauration de la démocratie. Pour cette bataille, l’ADEMA a scellé des alliances avec d’autres partis et la société civile pour former le Fdr. Pour les membres du Fdr, la solution de cette sortie de crise se trouve uniquement au retour à l’ordre constitutionnel. Ceci recommande la prise de fonction d’un président par intérim, prévu par les textes en cas de vacance gouvernemental, ce qui place le Pr Dioncounda Traoré, président de l’assemblée comme président prédisposé à mener cette transition. « Il ne s’agit pas de soutenir Dioncounda parce que je suis de l’Adema mais d’appliquer les textes », a-t-il signifié.

Dans ses explications, Iba N’diaye a tenu à noter que le président par intérim n’aura que 40 jours pour la gestion du pays. 40 jours durant lesquels tous ont conscience que les élections ne peuvent être organisées d’où une transition incontournable pour notre pays. Et le choix du président sera effectué de façon consensuelle, a affirmé Iba N’diaye. Face à cette situation difficile que vit notre pays, le 1er vice –président de l’ADEMA a invité la junte à abandonner leurs projets et procéder à un retour à l’ordre constitutionnel.

Pour M. N’diaye, il est difficile de juger les sanctions de la CEDEAO car le Mali est membre de la CEDEAO et a dans le passé servi la CEDEAO à combattre dans d’autres conflits au sein de la sous-région. Pour lui, il est important que les Maliens apprennent à mieux connaître le fonctionnement de la CEDEAO. Comme solution de sortie de crise, Ibrahima N’Diaye propose à la junte de procéder à un retour à l’ordre constitutionnel. Une décision qu’attend la CEDEAO pour nous appuyer dans la gestion du nord de notre pays.

Dans ses propos, Ibrahima N’diaye dira que nos militaires ne possèdent pas les moyens nécessaires pour résoudre cette crise. Comme il l’a signifié, cette incapacité n’incombe pas uniquement aux militaires mais relève d’une responsabilité partagée de différents acteurs de la société. Pour le vice-président, Ibrahima N’diaye dès que le Cnrdre va procéder au retour de l’ordre constitutionnel, l’intervention de la Cedeao va permettre de résoudre les problèmes du nord de notre pays en un mois ou deux mois. Aussi il est important de penser aux avantages que va engendrer la levée de l’embargo contre notre pays.

Seul le capitaine Amadou Aya Sanogo pourra sortir le Mali de sa mauvaise impasse en se retirant. Dès que l’ordre constitutionnel sera rétabli, le pays va être appuyé et le président par intérim n’aura que 40 jours pour organiser les élections. Des élections qui ne peuvent être organisées en 40 jours vu la situation.

Ceci va conduire le pays à une transition dont le président sera désigné de façon consensuelle, a expliqué M. N’diaye. Pour éviter au pays de subir les sanctions de la CEDEAO, le vice-président de l’ADEMA a invité le capitaine Sanogo, président du CNDR à céder le pouvoir au président par intérim. « Il peut revenir après pour être président de la transition, s’il est appelé par le peuple comme tout autre citoyen », a –t-il ajouté.

L’Adema ne compte pas participer à la convention annoncée par la junte : une position partagée par les autres membres du Fdr.

Pour conclure son intervention, le vice-président de l’Adema-Pasj, Iba N’diaye, invitera le peuple malien à mettre l’intérêt du Mali au-dessus de tout : « Je ne suis pas là pour ATT ni pour Dioncounda mais je suis là pour le Mali ».

Khadydiatou Sanogo

Le Républicain du 05 Avril 2012