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L’hypertension artérielle est un des principaux facteurs de risque des maladies cardiaques, de l’insuffisance rénale et des accidents vasculaires cérébraux.

C’est une maladie très dangereuse. Dr Ibrahim Fall, chef de service de l’unité médecine au Centre de santé de référence (CSRéf) de la Commune III, la considère comme un tueur silencieux du fait qu’elle est très sous diagnostiquée pour cause de retard dans la fréquentation des structures sanitaires. «Le danger, c’est que nous ne recevons les patients qu’à un stade tardif», déplore le spécialiste en médecine de famille et médecine communautaire.

D’après lui, c’est un véritable problème de santé publique dont la cause est méconnue dans 90% des cas. Cependant, souligne le toubib, elle peut être causée par les problèmes endocriniens comme la thyroïde, les surrénales, le syndrome de Cushing. Il y a également la coalition de l’aorte qui peut donner l’hypertension artérielle. D’après le médecin, l’hypertension artérielle est une élévation de la pression artérielle au-delà des valeurs normales fixées.

Cette valeur normale, dit-il, est de 130/80. L’hypertension artérielle est définie par une pression artérielle systolique supérieure à 140 mmHg (millimètre de mercure)et une pression artérielle diastolique supérieureà 90 mmHg. Mais chez la femme enceinte et dans le cas diabétique, on parle d’hypertension artérielle si la pression artérielle systolique est supérieure à 140 mmHg et la diastolique supérieure à 85 mmHg.

La maladie apparaît généralement avec l’âge. Ce qui signifie que les groupes les plus vulnérables sont les sujets âgés. Mais selon le spécialiste, la maladie est plus fréquente chez les femmes que les hommes. Cela est dû à l’obésité mais aussi aux sécrétions hormonales et au stress. Il y a également une possibilité que lessujets jeunes développent la maladie (cela est lié le plus souvent aux problèmes de reins).

En ce qui concerne les symptômes, l’hypertension artérielle ne donne aucun signe susceptible d’alerter le patient. Le médecin dit que la découverte est fortuite. Autrement dit, on peut diagnostiquer la maladie au détour d’une consultation externe ou lors d’un bilan de santé.

Dr Ibrahim Fall indique que le plus souvent, c’est lors d’un examen physique qu’on trouve une tension qui est supérieure à 140/90. Cependant, certains signes comme des céphalées occipitales matinales, les vertiges, les bourdonnements d’oreilles et l’accélération du rythme cardiaque peuvent alerter. Les facteurs de risque sont le plus souvent le tabac, l’alcool, la prise de pilule, les corticoïdes ou dermocorticoïdes, la prise des antithyroïdiens de synthèse, le stress et l’obésité.

Il est important de signaler que l’hypertension artérielle expose à plusieurs types de problèmes graves. Le spécialiste explique que la maladie cible trois organes, notamment la tête (avec les AVC accidents hémorragiques et ischémiques), le cœur (avec l’insuffisance cardiaque, œdème aigu des poumons), les reins avec la néphropathie hypotensive, l’insuffisance rénale aiguë et chronique pouvant aller jusqu’à la dialyse.

On peut prévenir la maladie en adoptant des mesures hygiéno-diététiques, c’est-à-dire en consommant moins de sel, moins de graisse tout en privilégiant les fibres. Le médecin conseille de pratiquer des exercices physiques et combattre les facteurs de risque.

La prise en charge de la maladie passe essentiellement par la lutte contre les facteurs de risque. Elle est aussi médicamenteuse par monothérapie, bithérapie et trithérapie. Dr Fall ajoute également l’évaluation des complications avec un bilan cardiaque et rénal. Il y a ensuite le suivi du patient avec un cahier de suivi de la tension artérielle, une fois par semaine ou par mois. Le praticien insiste surtout sur le dépistage (les sujets du 2è âge) et laprise dela tension une fois par mois.

Fatoumata NAPHO

Source: L’Essor