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Hamadoun Touré, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement est un excellent journaliste, mais je doute qu’il soit un philologue émérite. Pour lui, il se cache une faute sémantique dans l’appellation Nord-Mali qui induirait une connotation politique lourde et dangereuse. Cela n’est point avéré, loin s’en faut. Nord-Mali ne veut pas signifier Mali de Nord un autre pays.

Nous avons la Corée du Nord, l’Irlande du Nord, la Mongolie du Nord (Mongolie extérieure) le Yémen du Nord et d’autres, qui situent une opposition et parfois en confrontation deux pays partageant le même nom et la même aire géographique, qui ont été liés et confondus et qui se sont séparés.

L’appellation devenue commune de Nord-Mali ne signifie en rien que nous désignons ou acceptons une entité géographique et politique différenciée.

Que l’on dise Nord-Mali, régions du Nord du Mali, Septentrion malien, région de Kidal, Gao et Tombouctou, zones occupées… le problème pour les Maliens, aujourd’hui (et il urge de le solutionner) est la reconquête du territoire national dans son intégralité. Ça ce n’est pas de la sémantique ni même de la rhétorique. En cela le point cardinal n’est pas le poing du cardinal.

Cheick Mouctary Diarra

(philologue)

Les Echos du 12 Juin 2012