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L’un des principes sacro-saints du parti unique constitutionnel UPDM était : «quand on refuse la parole au peuple, il finit par la prendre ; il n’a pas besoin d’autorisation pour le faire…». Il faut reconnaître que le général Moussa Traoré n’a pu mettre en œuvre ces bons principes démocratiques mais n’empêche que sous l’UDPM, il y a eu des marches et contre marches.

Les marcheurs étaient ceux qui réclamaient l’instauration d’un ordre nouveau, les contre-marcheurs caressaient la bête dans le sens du poil. Chacun se rencontrait, chacun se regardait en chien de faïence sans nécessairement jeter des cailloux dans le jardin du voisin.

A croire que Moussa fut le seul dictateur de ce monde. Très curieusement et à l’ère de la démocratie, on assiste à une violation flagrante des libertés individuelles et collectives. Tout comme sous Pinochet au Chili, il y a des répressions massives des manifestants.

Les refoulés d’Espagne et de Libye, les consommateurs du Redecoma, les militants de l’UNPR contre l’abolition de la peine de mort savent désormais à quoi s’en tenir. Toute manifestation est désormais interdite sur tout le territoire de la République du Mali. Sauf si on dit que le prince, il est beau, il est gentil.

Interdiction formelle donc de circuler. Des cerbères comme le gouverneur du district Féfé Koné, Adama Sangaré le maire central de Bamako, tous les maires de toutes les communes de la capitale sont devenus les chiens de chasse du régime. Les forces du désordre sont aux ordres. Elles matraquent, elles gazent. ATT n’aime pas les marcheurs. Il disait sous la transition : «ils peuvent marcher jusqu’à Gao». Et pourquoi pas jusqu’au Cap Horn ?


Mamadou L. Doumbia

09 Juillet 2008