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Le portable, ce n’est plus de la blague. Il fait le malheur des uns et le bonheur des autres. Certains s’en méfient comme de la peste. C’est le cas du mari jaloux qui épie chaque coup de fil de sa femme, épluche les numéros de ses correspondants. Et cela peut aboutir au divorce si d’aventure …

Les grands patrons (ministres, directeurs généraux, chefs d’entreprise et autres) ont tellement peur de ce machin qu’il ne prennent pas les numéros inconnus. Ils ne veulent plus rendre service aux nécessiteux.

Il est tout aussi utile parce qu’il permet de raccourcir les distances pour l’ouvrier en quête d’un chantier, la protection civile qui appelle les parents d’un accidenté, ce monsieur au bureau qui veut sa femme prépare le « tô » à la place du couscous des Marakas, les prostituées l’utilisent pour appeler leurs clients, les jeunes filles fixent des rendez-vous galants, les mecs draguent.

Mais les bipeurs sont devenus légion. Soit par pauvreté ou par avarice personne ne veut plus mettre un rond dans son téléphone. «As-tu du crédit, j’ai tout juste besoin d’unité », entend-on souvent à la ronde. On bipe plus puissant que so. ATT bipe Sarkozy et Sarkozy bipe Georges Bush. Silence radio, tout le monde est sur répondeur.

Tout le monde a aussi son portable, du bana bana au pousse-pousseur en passant par le directeur d’entreprise. Après l’euphorie du départ désormais sur le marché c’est la vente aux enchères. Le téléphone tout comme la Sotrama est devenu un mal nécessaire.

Seulement voilà : décrié par les risques qu’il entraîne pour la santé de l’individu, il est interdit dans la circulation, dans l’avion, sous la pluie, au cimetière (pour ne pas réveiller les justes ?) et à la mosquée pour ne pas perturber le récital de l’imam.

Mamadou Lamine Doumbia

26 octobre 2007.