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L’élection de Barack Obama a été une fulgurance planétaire sans précédent. Vous souvient-il des larmes de Jessie Jackson et des manifestations de joie réellement, spontanément dans les rues des capitales négro-africaines ? Les États-Uniens de toute couleur et les Noirs de tous pays avaient jeté leur cœur et leur esprit en ex-voto dans l’attente du miracle (le dernier miracle !) Les peuples attendaient que Obama chemine un chemin de croix pour leur rédemption.

Nous y avons tous crû et moi je suis déçu. Je ne suis pas le seul (les sondages de popularité aux USA même sont indicateurs du désamour).

Obama au lieu d’emprunter cette voie étroite et dure, mais qui débouche à terme dans une plaine d’honneur et de dignité pour l’Homme semble aujourd’hui se complaire dans les toges de pourpre qui lui ont taillé les lobbies militaro-financiers qui forgent et dirigent les impérialismes.

Au nom de quel principe moral au nom de quel humanisme, Obama est-il parti s’engouffrer dans une guerre en Libye autant que d’avoir soldé le compte des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan ?

Nous avions pensé et espéré qu’avec Obama, les Etats-Unis ne représenteraient plus le gendarme du monde judéo-chrétien. Eh bien, je crois que nous nous sommes trompés.

Au nom de quelle fonction, de quel rôle, de quelle justification, Obama convoque (« convie » bien sûr) quatre chefs d’Etat africains à la Maison Blanche ? Pour leur dire quoi, pour leur donner quoi ?

Et tous ensemble s’il vous plaît !

Par rang d’âge ou d’importance pour accéder au grand salon !

Au menu du déjeuner : mafé, atiéké, couscous, tô.

Tout comme Chirac l’a fait à Dakar où il a aligné une kyrielle de « chefs d’Etat » africains dans un hall pour une poignée de main « Bonzour, y a bon banania ». Toi le gros là-bas, tu t’appelles comment ?

Hà, c’est le président de… !

Seul Alpha Oumar Konaré avait décliné l’invitation créant l’admiration et la fierté des Africains (des manifestations ont ponctué l’acte posé un peu partout en Afrique de l’Ouest) et le respect mêlé de perplexité des Blancs d’Europe.

Vous allez rétorquer que ces quatre « leaders » africains pouvaient se soustraire ou demander à être reçus chacun à son tour et dans sa dignité.

Comparaison peut faire raison. Mais je persiste à croire que Obama – le Noir devrait apprendre les cultures, les mœurs, les usages, les us et coutumes des peuples dont est issu son père. Que le fondement de notre existence, c’est le respect et la considération. Chez nous, l’or et l’argent, le fusil et le sabre ne font pas l’Homme, c’est sa dignité préservée qui lui confère honneur et respect.

Barack Obama n’avait nul droit et eux n’avaient nulle obligation !

Cheick Mouctary Diarra

03 Août 2011.