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Les accords d’Alger défraient la chronique ces moments-ci. Le Président de la République ATT, le gouvernement, quelques partis politiques de la place et des Maliens de de la diaspora s’emploient à éclairer leurs concitoyens et concitoyennes sur le pourquoi, le contenu et les raisons qui ont amené nos autorités à la signature des accords.

Les députés, à leur tour, étaient réunis vendredi pour un second huis clos au sein de l’Assemblée afin de savoir davantage sur le contenu des accords d’Alger. Ils avaient en face d’eux le Général Kafougouna Koné, médiateur désigné par le Chef de l’Etat. Au terme de cette séance, les députés après avoir reçu tous les éclairages, devaient, à travers une résolution, prouver au gouvernement qu’ils voient dans la même direction que celui-ci à savoir la quête de la paix, de la stabilité, de la sécurité; la réalisation du développement et de l’unité nationale.

Cette vision n’était pas celle du groupe parlementaire RPM et RDT qui a d’ailleurs boudé la réunion.

Le Président de l’Assemblée Nationale et non moins président du RPM s’est alors agité par rapport à l’interpètation des textes pour regagner les autres membres du groupe dont il est issu.
L’Honorable “sachons raison garder”, s’est laissé emporté par le coeur oubliant ainsi qu’il est le président de l’Assemblée, qu’il se trouve face à ses collègues élus et non devant les militants de son parti et que c’est à ce titre qu’il préside les travaux. IBK, dans sa furie de regagner vaille que vaille ses camarades a été ramené à la raison par deux ténors de l’hémicycle.

Le Pr Ali Nouhoum Diallo, député Adéma, ancien président de l’Assemblée nationale et Me Kassoum Tapo élu sur la liste RND, membre du groupe parlementaire ACC, tous connus pour leur franc-parler et leurs analyses sans état d’âme, ont sauté sur cette aubaine pour dire haut et fort à IBK ce que d’aucuns pensent tout bas. Après s’être sérieusement fait sermonner par les deux élus de la région de Mopti, Ladji Bourana qui était dans les nuages, est revenu sur terre.

Ceux-ci n’ont pas manqué, selon des sources concordantes, de lui dire qu’il n’avait qu’à faire le choix entre son fauteuil de Président de l’Assemblée et celui de président du RPM. En boudant la séance, cela équivaudrait à une démission de son poste.

L’Honorable IBK, saisissant la portée d’un tel acte a alors mis de l’eau dans son vin ; l’homme, on le sait, tient à son fauteuil et aux privilèges liés à la fonction de président de l’Assemblée Nationale comme à la prunelle de ses yeux. Au sortir des huis chos du vendredi dernier, beaucoup de députés ont connu davantage le président de l’Assemblée Nationale et ont mesuré jusqu’où il pouvait aller dans sa quête effrénée du pouvoir. Il reste sûr et certain qu’avec des vétérans comme le Pr Ali Nouhoum Diallo, Me Kassoum Tapo, Me Demba Traoré, Me Mountaga Tall, le Pr Oumar Kanouté, Fanta Mantchni Diarra, Moustapha Dicko, Tiémoko Dembélé, Tidiani Guindo, le bateau Mali ne chavirera pas sous la volonté d’un tel homme.

La leçon donnée à IBK par Ali Nouhoum Diallo et Me kassim Tapo n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. IBK doit faire montre de plus de sagesse et de responsabilité en oeuvrant pour un Mali fort, uni.

Tiémoko TRAORE

24 juillet 2006