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Créée en 2005 à Sikasso, dans le souci de satisfaire la demande des comsommateurs maliens et de la sous-région en denrées alimentaires, tourteaux savons de lessive, et de fournir de l’emploi aux jeunes -une préoccupation maintes fosi prônée par le Chef de l’Etat -, l’unité de production d’huile “HuilerieYacouba Traoré Abou Woro ” est aujourd’hui en panne technique, et ce depuis fin juin 2007, pour cause de rupture de stock en matière première, dont la graine de coton.

Pourtant, cette unité de production avait bien démarré avec un investissement global de 2,5 milliards de FCFA et une capacité de production de 80 fûts d’huile par jour, 200 tonnes de tourteaux et 20.000 morceaux de savon par jour. Mais à cause de cette pénurie de graine de coton, les 550 employées, permanents et journaliers, sont en chômage technique, à l’heure actuelle.

Dans sa politique de diverfication des produits, l’unité de production avait l’ambition d’implanter une seconde unité, avec une production de 1000 tonnes par jour. Cette nouvelle unité de production traitera uniquement les plantes oléagineuses pour la consommation alimentaire, le biocarburant issu de leurs graines, le tourteau dérivé des résidus et engrais organiques provenant des autres dérivés.

Pour que la production soit effective, il faut 800 mille tonnes de coton graine par an, alors que le Mali ne dispose que de 300 mille tonnes. C’est pourquoi, le promoteur M. “Abou Woro” Yacouba Traoré, après avoir expliqué le problème, a proposé des solutions en vue d’épauler le pays en graine de coton.

C’est dans ce sens qu’il a évoqué l’introduction de la culture du tournesol au Mali, dont la région de Sikasso est ciblée pour cette année. “Le tournesol est une haute plante annuelle, appartenant à la famille des astéracées dont les fleurs sont regroupées en capitules de grandes dimensions. Cette plante est très cultivée pour ses graines riches en huile, environ 40% de leur composition alimentaire est de bonne qualité”, a-t-il ajouté.

Selon M. Traoré, le développement de la culture du tournesol offre des perspectives intéressantes pour les paysans cotonniers, car on peut le cultiver trois fois par an. Et c’est une plante à cycle de culture court, qui se sème vers avril/mais, se récolte vers septembre et n’épuise pas le sol. Ainsi, sa culture donne des résultats promoteurs.

L’huile de tournesol est extraite des graines, dont la teneur dans les variétés améliorées varie de 45 à 50%. Elle est appréciée pour son équilibre en acides gras contenant seulement 12% d’acides gras saturés et beaucoup d’acides gras mono ou poly-insaturés, efficace pour combattre le diabète. Il faut reconnaître aussi que l’huile de tournesol peut être utilisée directement comme biocarburant dans les moteurs diesel. Le tournesol est la plante qui offre le meilleur rendement, six fois supérieur au gazoil”, a-t-il expliqué.

L’expérience du Burkina Faso

A en croire M. “Abou Woro” Yacouba Traoré, l’inspiration pour la vulgarisation de cette culture est fondée sur des expériences venues -et confirmées par un taux de réussite très élévé- de la république soeur du Burkina Faso qui est frontalière de la région de Sikasso, “notre base et notre zone prioritaire d’action”, selon le promoteur.

“La vulgarisation de la culture du tournesol ne vise pas à empêcher les cultivateurs de faire la culture du coton. Mais c’est dans le souci d’épauler les paysans dans leur vie de cultivateurs, car on ne peut plus compter sur la graine de coton”, at-il ajouté.

M. Abou Woro a par ailleurs noté que cette vulgarisation de la culture du tournesol va permettre de produire plus de 300 000 tonnes de graines de tournesol, ainsi que le pourghère et le colza, dont la production sera effective l’année prochaine, et sur une superficie de 250 000ha.

Il a, pour la circonstance, déploré le fait que les promoteurs d’usine de Sikasso ne soient pas réunis en association. Aussi a-t-il sollicité le soutien du Gouvernement pour qu’il puisse mener ses projets à bout.

Mariétou KONATE

06 septembre 2007.