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La signature du protocole d’accord entre l’Etat, l’UNTM, le patronat et le Groupe Tomota résout sur le plan social le problème des ex-travailleurs de Huicoma. Mais le partage de l’argent du plan social et des arriérés de salaires est une grenade à fragmentation déjà dégoupillée.
Lors de sa traditionnelle conférence de presse du 8 juin, le président de la République, Amadou Toumani Touré (ATT) faisait part de sa joie de voir résolu le problème des ex-travailleurs de Huicoma en sit-in à la Bourse du travail depuis plusieurs mois. L’espoir d’ATT reposait sur la signature du protocole d’accord par l’Etat, l’UNTM et le patronat. Il restait celle du Groupe Tomota effective depuis le mardi 15 juin 2010.

Ce protocole d’accord signé par les différentes parties résout le problème dans sa dimension sociale. Il prend en compte le plan social que l’Etat s’est engagé à payer pour 2,1 milliards de F CFA. L’Etat prendra en compte 4 mois d’arriérés de salaires pour 300 millions de F CFA.

Le Groupe Tomota avait payé 4 mois d’arriérés de salaires en janvier 2010, estimés à 300 millions de F CFA pour faire baisser la tension. L’arrêt de travail et le manque de graine de coton que la CMDT ne peut pas fournir aux usines de Huicoma a fini par mettre sur cale les huileries de Koutiala et Kita. Seule Koulikoro fonctionne au ralenti.

Last not but least. Si l’Etat, l’UNTM, le patronat et le Groupe Tomota ont paraphé le fameux protocole d’accord dont la substance demeure le plan social et les arriérés de salaire, « Huicomabougou » met une patate chaude entre les mains des autorités.

Le critère de partage du butin risque d’engendrer une autre bombe sociale plus explosive. Le Groupe Tomota s’en est lavé les mains et a demandé à l’Etat de prendre ses responsabilités. L’Etat a prévu de payer les 4 mois d’arrières de salaires (300 millions de F CFA) en juin et programme le plan social (2,1 milliards de F CFA) sur le budget 2011.
Les intrus s’invitent à la « fête »

Le problème est que les grévistes de la Bourse du travail ne sont pas tous des travailleurs de Huicoma. « Huicomabougou » a vu ses rangs grossir avec l’arrivée des retraités et d’autres agents saisonniers. Ceux-ci ayant pris part aux grèves de la faim et d’autres manifestations, attendent leur part du gâteau parce qu’ils ont été présentés comme des travailleurs réguliers.

Il y a eu un précédent. Le partage d’une enveloppe de 200 millions de F CFA, offerte par ATT à la veille de la fête de Tabaski avait suscité une forte tension à « Huicomabougou ». La délégation partie pour prendre l’argent a été suspectée d’avoir été traitée à part par le chef de l’Etat. Dans le même temps, retraités, saisonniers et travailleurs se sentaient concernés. Des coups de poing avaient failli pleuvoir.

Pour l’exécution du plan social, le Groupe Tomota ne reconnaît le droit de travailleurs qu’à une vingtaine d’agents sur 163 pour la simple raison qu’ils sont en grève illimitée depuis près de trois mois. Ce qui a fait que l’entreprise a recruté 194 agents à Koulikoro pour éviter la fermeture de son usine.
Le Groupe Tomota ne serait plus prêt à réengager les grévistes de « Huicomabougou » dont la liquidation du plan social et la grève illimitée jouent contre la régularité de leur situation contractuelle.

Abdrahamane Dicko

21 Juin 2010.