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Depuis un certain temps, l’huilerie cotonnière du Mali (HUICOMA) est confrontée à plusieurs difficultés. La mauvaise gestion de cette importante entreprise vient de conduire quatre cent soixante deux (462) travailleurs au chômage technique. Où est donc passée l’Union Nationale des Travailleurs du Mali(UNTM) dont le secrétaire général Siaka Diakité avait été pourtant saisi de ce dossier ?

En effet, depuis la reprise de l’Huicoma par Alou Tomota, le 2 juin 2005, les travailleurs de la société étaient beaucoup inquiets quant à leur avenir et celui même de ladite société. A l’époque, les travailleurs avaient décrié le choix du repreneur.

Selon eux, Alou Tomota n’a aucune expérience, aucune maîtrise, aucune spécialité en la matière. Aujourd’hui, c’est la désolation totale chez les chefs de famille de ces centaines de personnes qui viennent d’être forcés au chômage.

Comment en est-on arrivé là?

Cette mise au chômage technique des 462 travailleurs fait suite, selon la direction, à un manque de matières premières. Ce qui conduit nécessairement à une mévente des produits de l’usine. Pour faire face à cette difficulté, la direction s’est réunie et a décidé, suivant une note de service le 13 juin dernier, qui a décidé de mettre fin aux fonctions de 462 personnes pour trois mois. Ce qui a pris effet depuis le 14 juin dernier. Mais dans le procès-verbal, le délai mentionné est de six (06) mois.

Tout compte fait, le chômage technique de ces travailleurs est déjà effectif depuis le 14 juin dernier. Ces 462 travailleurs sont repartis comme suit : Bamako : 24 ; Koulikoro 237 ; Koutiala : 150 ; Kita : 51. C’et dire que les 4 régions du Mali et Bamako sont frappées par cette mesure de mise au chômage technique.

A noter que la plupart de ces travailleurs occupent des fonctions importantes au sein de l’usine. C’est dire que tous les travailleurs forcés au chômage technique sont aujourd’hui comme des simples agents. Ce qui fera dire à un travailleur concerné par la mesure que c’est une manière de pousser des travailleurs qui occupent des fonctions importantes à démissionner.

Quel sort pour ces travailleurs?

Aujourd’hui, force est de reconnaître que les 462 travailleurs ne savent plus à quel saint se vouer. Si les travailleurs s’attendaient à ces mesures depuis la reprise de HUICOMA par Alou Tomota, ils ne comprennent pas pourquoi le repreneur n’a jamais respecté les clauses du contrat de rachat de l’usine.

L’une des clauses du contrat stipulait que le repreneur devrait mettre en place un plan social des travailleurs qui leur permettrait de supporter les conséquences d’une telle mesure, à savoir le chômage technique. Pour les travailleurs concernés, l’Etat n’a jamais entrepris une quelconque pression contre Alou Tomota.

Une chose est certaine, le chômage technique de ces 462 travailleurs va augmenter le lot des mécontents, d’où un climat social lourd. Ce sont des travailleurs abattus, qui voient tout leur avenir et espoir brisés.

Pourtant l’UNTM avait été saisie

Suite aux rumeurs faisant état d’un chômage technique, les responsables du syndicat de la section cotonnière avaient attiré l’attention de l’UNTM sur les intentions de la direction. A l’époque, les responsables du syndicat de la section cotonnière avaient exprimé le souhait de voir réaliser le plan social. Mais l’appel est resté lettre morte. Selon un des travailleurs mis au chômage technique, même s’il s’attendait à cette mesure, il déplore l’attitude de la direction.

En effet, sans préavis et sans avertissement, elle a parachuté la décision et avec un effet immédiat. Pour eux, le motif invoqué par la direction est sans fondement. “Sinon comment comprendre que depuis 2005, à cause d’un manque de vente, on décide de mettre 462 personnes à la porte temporairement. Cela veut dire qu’il existe une mauvaise gestion de la direction ou bien une mauvaise volonté de la part d’Alou Tomota”, a déclaré un des travailleurs, sous le choc.

Avec cette situation qui sévit à l’HUICOMA, c’est l’incapacité de l’UNTM qui est encore une fois mise à nue. Cette centrale syndicale n’est plus crainte par les employeurs. A preuve, un moment ne passe sans qu’on apprenne que des militants de l’UNTM sont chassés dans telle entreprise, ou tel service et que Siaka Diakité et son équipe ne soient en mesure de contraindre ledit employeur à revenir sur sa décision.

La section syndicale cotonnière finira-t-elle par faire ses valises de l’UNTM devenue un hercule en carton, voire une géante syndicalement aux pieds d’argile?

Sadou BOCOUM

18 juin 2007.