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Au Soudan du Sud un tiers de la population carcérale est détenu sans avoir été condamné ni parfois même inculpé, et les autorités doivent cesser les arrestations arbitraires et réformer les conditions « terribles » de détention, estime Human Rights Watch dans un rapport vendredi. Quelque 2.000 personnes incarcérées au Soudan du Sud « n’ont été condamnées pour aucun crime et, dans certains cas, pas même inculpées, mais pourtant souvent détenues pour de longues périodes, » la majorité sans l’assistance d’un avocat, poursuit l’ONG. HRW dénonce des détentions pour handicap mental, de personnes qui se retrouvent parfois chaînes au pied et des services sanitaires insuffisants. Dans deux prisons l’an dernier, poursuit-elle, 15 détenus sont morts, pour la plupart de maladies qui auraient pu être soignées. L’eau potable et la nourriture sont aussi, souvent, insuffisantes, ajoute l’organisation de défense des droits de l’Homme basée à New York. HRW a enquêté sur dix mois avant et après l’indépendance du Soudan du Sud, intervenue le 9 juillet 2011 après des décennies de guerre civile avec le Nord. Le pays est aujourd’hui dirigé par les ex-rebelles qui ont combattu l’armée de Khartoum dans le maquis. HRW a visité 12 des 79 prisons du Soudan du Sud. Beaucoup, dit-elle, étaient souvent « endommagées ou tombaient en ruines », avec des cellules « insalubres, gravement surpeuplées et sans assez de ventilation ». AFP