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Human Rights Watch sort un rapport, ce jeudi 10 octobre 2013, sur les conflits fonciers dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. C’est le fruit d’une recherche de plusieurs semaines sur le terrain, mais aussi au Liberia voisin où se sont réfugiés jusqu’à 150 000 Ivoiriens au plus fort de la crise en 2010-2011. Dans l’ouest, face à l’avancée des forces pro-Ouattara, de nombreux Guérés, considérés comme partisans de Laurent Gbagbo, avaient abandonné leurs terres. Ces parcelles si fertiles ne sont pas restées en friche très longtemps. HRW explique que des autochtones Guérés ont profité de l’absence de leurs voisins pour vendre ces plantations en leur nom. A leur retour, les villageois ont retrouvé des inconnus sur leur terrain. Le plus souvent, il s’agit de Burkinabè qui ignorent qu’ils ont acheté une terre à un faux propriétaire. Les sous-préfets sont submergés de plaintes et ont expliqué à l’ONG ne pas avoir de moyens pour les régler. C’est ce qui décourage une bonne partie des milliers d’Ivoiriens encore réfugiés au Liberia de rentrer chez eux. L’organisation américaine redoute un pic de violences liées à ces conflits fonciers, comme en mars dernier lorsqu’au moins neuf civils sont morts dans les attaques de deux villages près de la frontière libérienne. Les chercheurs demandent donc au pouvoir d’Alassane Ouattara de s’impliquer pour résoudre ces litiges et de restituer les terres à leurs propriétaires. Le gouvernement s’y est engagé en promettant de soutenir financièrement les acteurs locaux. RFI