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Si le doute a plané lundi, après l’assemblée générale extraordinaire du personnel du centre hospitalo-universitaire Gabriel Touré sur le respect de la suspension du mot d’ordre de grève, le suspense, lui, n’a pas duré.

Les médecins de cet établissement hospitalier ont continué hier à travailler à la grande satisfaction des malades.

Le personnel de Gabriel Touré avait observé un arrêt de travail depuis le 8 août pour protester contre l’arrestation du docteur Mohamed Keïta, maître assistant au service ORL et de Mme Dembélé Salimata Dao, assistante anesthésiste au service de réanimation. Ces deux agents ont été emprisonnés pour avoir été impliqués dans la prise en charge de Me Touré Aïda Niaré, avocate au Barreau, décédée par la suite en France.

Sur la base de négociations engagées sous la houlette de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), les médecins avaient décidé de suspendre leur mot d’ordre de grève et de reprendre le travail lundi dernier.

Depuis, ils s’occupent effectivement des malades. Hier tous les services ont fonctionné à plein régime. Les consultations générales et spécialisées en pédiatrie, gynécologie, cardiologie et traumatologie, entre autres, étaient correctement assurées.

Conséquence certainement des deux jours de débrayage, le flux de patients était important dans certains services. Les boxes des consultations gynécologiques où officie le secrétaire général du syndicat national de la santé et de l’action sociale (SNS-AS), le Dr Salif Diakité, étaient pris d’assaut par les femmes.

Certaines d’entre elles devisaient, en prenant leur mal en patience, d’autres fulminaient contre les va-et-vient d’une assistante médicale.

Le secrétaire général du SNS-AS n’a pas voulu se prêter à nos questions. Se contentant de répondre à notre sollicitation d’une manière très laconique : « nous avons encore le cœur chaud parce que nos deux collègues n’ont pas été encore relaxés. Dans ces conditions, je préfère ne pas me prononcer« .

Dans les salles de consultations pédiatriques, les médecins auscultaient et soignaient les jeunes enfants et les bébés dont la pesée était faite par une infirmière installée dans une salle avec comme seuls mobiliers, une table et un pèse-bébé.

Même constat dans les autres unités spécialisées où les consultations et les soins étaient normalement assurés par les équipes de Gabriel Touré.

Les boxes de consultations générales qui ne désemplissent pas d’habitude, ont connu hier une affluence particulière. Les malades éprouvaient de la peine à se frayer le passage dans les couloirs.

Dans les services des urgences chirurgicales, d’imagerie médicale, ainsi qu’au laboratoire, aucune absence de personnel n’était à signaler. Dans ces unités, les soins, les radiographies et les analyses étaient correctement assurés.

Le directeur national adjoint de Gabriel Touré, le Dr Youssouf Konaté, a expliqué que pour l’instant, aucun problème majeur n’était signalé. « Nous n’avons enregistré aucun débrayage dans les différents services. Ils sont en train d’observer pour l’instant les 48 heures de trêve décidées lundi à l’assemblée générale. On attend de voir la suite« , a-t-il commenté.

B. DOUMBIA- L’Essor

15 août 2007.