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A travers les couleurs de leurs blouses bleue, blanche, verte-la population a du mal à faire la différence entre docteurs, médecins, internes et agents bénévoles. Ils sont autant méconnaissables que, de plus en plus, nombreux. En réalité, les malades et leurs accompagnateurs souffrent énormément des difficultés d’ordre administratif et sécuritaire que traverse l’Hôpital Gabriel Touré. Le personnel répond-il aux aspirations des patients?

Apparemment non, et les patients sont plutôt confrontés à d’autres problèmes. L’hôpital doit être un lieu de repos pour les malades, et non un lieu où certains se cachent derrière le blouson pour… voler leurs cellulaires. Pourtant, l’accès de cet hôpital est si difficile qu’on imagine mal comment le flagrant délit y est devenu une autre profession.

Qui peuvent bien être ces voleurs de cellulaires, dans cet établissement? Comment peut-on penser que cette pratique soit si récurrente? Surtout que le dispositif sécuritaire, notamment les gardiens et les policiers, n’y manquent pas.

Ces vigiles seraient si intolérants que certains accompagnateurs sont souvent privés de leurs patients jusqu’à l’heure de la visite. Une fille nous explique son cas : “un jour, j’étais seule auprès de mon père, quand on a reçu une ordonnance. Je suis sortie pour aller chercher du sang, car la pharmacie de l’hôpital était en manque. De retour, on m’a refusé l’entrée. Mon père n’a donc pu recevoir les soins que le lendemain. Si je n’avais pas vite prévenu le médecin, il allait en mourir.

Dans ce même hôpital, plus précisément, dans la salle n°1 de traumatologie annexe, deux cellulaires, de marque Samsung et Nokia, ont été volés dans la même journée. Les propriétaires (les malades) nous confirment avoir constaté des va-et-vient d’agents vêtus de blouses de couleurs différentes. Et c’est juste après qu’ils se sont rendus compte du vol des cellulaires. Plusieurs autres cas de ce genre ont été signalés.

Vu l’ampleur du phénomène, l’on se pose des questions: l’administration de l’Hôpital est-elle au courant de cette pratique ? Si oui, pourquoi ne pas prendre des mesures coercitives pour mettre fin à ce problème qui inquiète, de plus en plus, la population ?

Pourtant, certains n’hésitent pas à accuser directement les agents bénévoles qui constituent un maillon important du dispositif de soins, dans ces établissements hospitaliers. Il s’agit des manoeuvres qui s’occupent de l’entretien des lieux, et du transport des malades sur des brancards ou chariots, d’un service hospitalier à un autre.

Pour éradiquer ce phénomène qui ne cesse de ternir l’image de ce grand hôpital réputé par le dynamisme et le savoir-faire de son personnel, il faut que le Directeur Général, le Pr Sinè Bayo et tout son staff soient interpellés.

Hady BARRY

31 juillet 2007.