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Les négociations engagées sur l’initiative d’une commission de conciliation et du ministère de la Santé, ont permis de trouver un consensus sur les différents points de revendications

jpg_une-991.jpgLe syndicat national des travailleurs des hôpitaux et structures de santé (Synatrahss) ne mettra plus en exécution sa menace de grève de 48 heures, prévue initialement les 21 et 22 août et reportés aux 28 et 29 août prochains. Il a décidé de lever son mot d’ordre de grève vendredi. Les négociations engagées sur initiative d’une commission de conciliation et du ministère de la Santé, ont permis de trouver un consensus sur les différents points de revendications. Le Synatrhass projetait d’observer un arrêt de travail pour protester contre la décision de nomination du Pr Sounkalo Dao en lieu et place du Pr Daouda Minta, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital du Point G. Les deux sont passés respectivement agrégés de la Commission nationale d’établissement de la liste d’aptitude (CNELA), c’est-à-dire la nomination par la voie interne, et du Conseil africain et malgache de l’enseignement supérieur (CAMES), la même année. Le Pr Daouda Minta était le chef du service des maladies infectieuses jusqu’à la nomination de son collègue par le département de la Santé. Selon certaines informations, le Pr Sounkalo Dao a été titularisé avant.

Le secrétaire général du ministère de la Santé, le Pr Mamadou Souncalo Traoré, renvoie simplement aux textes ceux qui reprochent aux autorités de faire la part belle aux agrégés de la CNELA. Selon lui, les textes stipulent que les chefs de services dans les établissements hospitaliers sont nommés par décision du ministre de la Santé sur proposition des directeurs. Les mêmes textes précisent que l’enseignant le plus ancien et au grade le plus élevé est nommé chef de service. C’est sur la base de ces textes que le département a pris la décision de nomination de Sounkalo Dao. Le Pr Mamadou Souncalo Traoré rappelle la nécessite de revoir les textes sur la nomination des chefs de services dans les structures hospitalières. Si les ministres doivent continuer à nommer des chefs de services, cela reviendrait à enlever une responsabilité aux directeurs généraux des établissements hospitaliers. Le secrétaire général du département rappelle aussi que les enseignants qui passent agrégés du CNELA ou du CAMES, sont pourvus d’une attestation pour s’inscrire sur la liste d’aptitude au niveau du ministère de l’Enseignement supérieur.

C’est sur la base de cette attestation qu’on signe les décrets de nomination au grade de maître de conférence agrégé ou professeur agrégé. Ceux qui passent par le CAMES ont un temps de retard sur leurs homologues de la CNELA du fait que les récipiendaires n’ont pas tout de suite cette attestation au lendemain du concours d’agrégation. Les syndicalistes du Point G, fulminent aussi contre le refus, selon eux, de la direction de l’hôpital de faire l’audit de la gestion du fonds social pour les 8 dernières années. D’autres griefs du Synatrahss ont trait entre autres à l’amélioration du plateau technique, à l’insuffisance dans la collaboration entre la direction et le Synatrahss. A cet effet, il convient de préciser que cette organisation syndicale a été portée sur les fonts baptismaux, seulement cette année. Les sages de la commission de réconciliation, notamment le Pr Bocar Sall, le Dr Cheick Réné Sidibé et le chef de cabinet du département de la Santé, Abdoulaye Chaba Sangaré avec d’autres membres de la commission ont pu convaincre les syndicalistes à lâcher du lest.

Ainsi, les différentes revendications ont été regroupées en 5 points clés. Il s’agit de l’annulation de la décision de nomination de Sounkalo Dao, la gestion du foncier (c’est-à-dire des terrains à usage d’habitation pour les travailleurs), l’amélioration des équipements, la gestion du fonds social et l’amélioration de la collaboration entre la direction et le Synatrahss. Sur l’ensemble de ces points de revendications, un consensus a été trouvé. Le secrétaire général du Synatrahss à l’hôpital du Point G, Mamby Keïta note sa satisfaction pour les propositions faites. On a trouvé un terrain d’entente. C’est ça aussi la lutte syndicale, il faut faire des concessions pour s’accorder sur l’essentiel a expliqué le secrétaire général du Synatrahss. Il a été demandé au Synatrahss de rapprocher les autres syndicats pour une meilleure gestion des questions relatives au foncier.

Pour les points concernant l’amélioration du plateau technique donc des conditions de travail, les propositions faites nous ont satisfait a expliqué Mamby Keïta. Selon son secrétaire général, le département aurait promis de revenir sans délai sur la décision de nomination du nouveau chef de service. Le directeur général de l’hôpital du Point G, le médecin colonel Charles Fau a laconiquement expliqué que les choses sont sur la bonne voie. Mais un membre de la commission de médiation nous a expliqué que le consensus a été trouvé et reste clair pour tout le monde. Il n’est pas du ressort de la commission de médiation de revenir sur une décision du département de la Santé. Pour nous ce n’est plus un point d’achoppement a commenté ce membre de la commission de médiation.

Pour ce qui concerne l’amélioration du plateau technique, le Point G, intègre les hôpitaux à la pointe de la technologie. Il dispose d’un scanner de 16 barrettes, le plus performant dans le contexte malien et d’une table de radiologie numérisée. En outre l’établissement a des équipements ultra-modernes au niveau de son laboratoire d’analyse. Rappelons que pour le mot d’ordre de grève du Synatrhass, les autres syndicats de l’établissement, notamment le syndicat national de la santé, de l’action sociale et de la promotion de la femme (SNS-AS-PF) et le syndicat national des cadres médicaux (Synacam) n’étaient pas concernés.

Bréhima Doumbia

L’Essor du 27 août 2012