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Des « vampires » séjournent à l’hôpital du Point G. Leur activité principale : le vol de sang, portant ainsi atteinte à la dignité du personnel.
Considéré comme l’un des hôpitaux les plus fréquentés de Bamako voire du pays, l’hôpital du Point G, ne désemplit pas. A cause de son plateau technique assez bien conséquent et du savoir-faire de son personnel, il accueille des patients de tout genre. A côté des médecins et autres internes spécialistes, des infirmiers et infirmières s’activent à aider les malades à se rétablir. Le hic, c’est que dans cet hôpital, le phénomène de vol des objets ou produits traitants appartenant aux patients perdure toujours, nonobstant les mesures prises par les autorités pour le circonscrire.

Malade d’une insuffisance rénale, D. B, a été hospitalisé à la section néphrologie. Les analyses ont démontré qu’il souffre d’une anémie. Chose qui oblige ses proches à lui chercher du sang au Centre national de transfusion sanguine. A cause de la baisse du nombre de donneurs, l’urgence de chercher du sang AB+, n’a pu être satisfaite. En ce 18è jour de Ramadan, les acrobaties faites par le personnel CNTS et les parents du patient ont abouti à l’obtention de deux poches de sang 72 heures après la demande faite par le médecin traitant. Quel labeur !

Aussitôt, le produit précieux sous la main, un infirmier a procédé à la transfusion d’une poche de sang au malade, et l’autre a été mise à froid sous la garde d’une infirmière. Les diagnostics du médecin spécialiste, ont recommandé la nécessité de perfuser la seconde poche. Pour les accompagnateurs des patients, inutile d’aller chercher une autre poche de sang en ville puisque, celle mise au frigo ferait l’affaire. Mais quelle ne fut la surprise de l’agent de santé de constater que la poche sang avait disparu.

La nouvelle a inquiété les accompagnateurs du malade. Connaissant la psychologie du malade, le médecin a jugé de ne pas l’informé au risque d’aggraver sa douleur.

Après plusieurs recoupements auprès des infirmières, le nom d’une d’entre elles a été cité. De sources concordantes, la jeune infirmière a fait le vol des poches de sang et des médicaments des malades sa spécialité au Point G. Depuis plus de 15 ans qu’elle travaille au P. G elle serait membre d’un réseau de « vendeuse » de sang. « Il suffit de donner 5000 ou 10 000 F CFA pour qu’elle vous ramène du sang », dénoncent ses camarades. Selon certaines indiscrétions, les chefs sont au courant de ce mauvais comportement de la jeune dame que nous tairons le nom.

Pour ceux qui ne le savent pas, le vol et la vente de sang sont formellement interdits. « Il se pourrait que le sang volé et vendu soit de mauvaise qualité et donc sang inutilisable ». Il est temps de démanteler ce réseau.

Amadou Sidibé

15 Septembre 2010.