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Depuis quelque temps, nos stades sont devenus des champs d’affrontements, d’injures et quoi d’autres. Tout sauf du sport.
Les supporters ont changé leur fusil d’épaule. Ils ont quitté les gradins pour la pelouse avec des cailloux et armes en main. Il y a quelques mois, ce sont les supporters qui se défoulaient sur les arbitres du match COB-Stade du championnat d’honneur. Ce jour-là, le trio arbitral a préféré prendre la clef des champs pour échapper à la vindicte populaire .

Il y a quelques jours, lors du dernier derby de la saison comptant pour la finale de la Coupe du maire du district entre le Stade et le Djoliba, ce sont les supporters du DAC qui s’en sont pris à l’arbitre Boubou Traoré qu’ils ont tabassé et le parrain. Le maire Adama Sangaré a reçu une bouteille en plein visage. A qui le tour demain ? C’est en tout cas la question que se posaient mercredi dernier au siège de la Ligue de football de Bamako les sportifs (responsables et presse).

Quelques mois après la sanction infligée au Djoliba, le Stade malien de Bamako, dans une compétition inférieure (championnat juniors) lui a emboîté le pas comme pour narguer les décisions prises à l’encontre du club de Hérémakono. Preuve que les sanctions de la Ligue de Bamako et de Malifoot n’émeuvent plus les acteurs de notre sport roi. Il importe donc de revoir les stratégies dans la recherche de la paix et la quiétude sur nos stades.


Solutions simples

Il est évident qu’il serait insensé, selon un membre de la Ligue de football de Bamako de ranger totalement le fouet, mais à côté de la répression, il serait judicieux d’instaurer une prime de non-violence ou encore de fair-play. Malheureusement, cela est ignoré dans le paysage sportif de notre pays, singulièrement du football.

Il n’est donc pas surprenant que la violence reprenne de plus belle sur nos stades. Mais il faudrait inciter les acteurs au fair-play à travers une prime symbolique institutionnalisée qui pourrait être matérialisée non seulement par un trophée mais encore par une enveloppe à hauteur de cinq millions de F CFA. Cela inciterait les dirigeants à s’impliquer dans la sensibilisation et l’éducation de leurs supporters.

Depuis toujours ces clubs qui se rendent coupables de vandalisme sont sanctionnés à travers des pénalités et amendes, mais apparemment rien ne change. Chaque saison, la situation s’empire. A peine la saison de la Ligue de football de Bamako ouverte, les préjudices moraux et matériels sont déjà innombrables. Qu’en sera-t-il lorsque le championnat démarrera ou lors des rencontres où le suspense sera de mise ?

« C’est la mort dans l’âme », signale le président de la Ligue de football de Bamako, Boubacar Monzon Traoré. Et de révéler que « des réflexions seront bientôt menées. Sinon les solutions pécuniaires semblent insuffisantes ».

Il faut exhorter les acteurs et même certains dirigeants à cultiver l’esprit fair-play. A tout pris sportivement.


Boubacar Diakité Sarr

31 Octobre 2008