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Réactions lors du lancement des activités de la Coalition pour le Mali

Honorable El hadj Baba Haidara : «Nos partenaires occidentaux doivent arrêter de payer des rançons pour la libération des otages»

La cérémonie de lancement de la Coalition Pour le Mali (CPM) a été une occasion pour les différents intervenants, notamment les ressortissants du Nord, d’assener des vérités qui dérangent. L’honorable Baba Haidara, président du collectif des élus du Nord a profité de cette tribune pour demander à nos partenaires occidentaux d’arrêter de financer indirectement le terrorisme, à travers les paiements des rançons pour la libération des otages. Les autres réactions du public se résument essentiellement à des contributions et ont surtout porté sur les préoccupations par rapport aux différentes initiatives en cours pour la libération des territoires occupés et des pistes de sortie de crise.

Selon l’historien Seydou Badian Kouyaté, le Mali est un pays de paix et il faut vite trouver des solutions parce que notre pays n’est jamais tombé aussi bas qu’aujourd’hui. Il ne faut pas accepter que le Mali soit rabaissé jusqu’à ce point. Il faut laisser nos égos de côté et trouvons rapidement des solutions. L’ex ministre de la promotion féminine, Sina Damba, a dit ses inquiétude que de nouvelles organisations ne viennent grossir le rang d’associations similaires créées et qui ne peuvent pratiquement pas résoudre les problèmes. Le conférencier a fait comprendre que la Coalition Pour le Mali regroupe toutes les sensibilités comprenant la COPAM, le FDR, l’ADPS et à ce titre ne risque pas d’être une association de plus. La solution ne viendra pas des associations, même si elles ont leurs rôles à jouer et qui sont importants, rien qu’à voir les nombreux camps de refugiés dans les pays voisins. La solution, cependant est du domaine des pouvoirs publics, a précisé Tiébilé Dramé, répondant aux questions.

Pour Hamidou Touré, ressortissant du Nord, il faut impérativement une stabilité à Bamako pour une libération rapide du Nord du pays. Pour lui, la jeunesse doit prendre conscience qu’elle est l’avenir du Mali et les politiciens doivent arrêter de l’instrumentaliser. La représentante de l’APDF, a déploré les mauvais traitements subits par les femmes dans les zones occupées. Seydou Idrissa Traoré, de l’ONG Djogo ni maya, dans son intervention, s’est insurgé contre les partis politiques et les associations de la société civile qui, selon lui, n’ont pas correctement fait leur travail jusqu’à présent. Selon lui, le problème du Nord ne peut se résoudre sans une intervention militaire. Et pour faire une guerre, il faut beaucoup d’argent, tous les pays qui peuvent nous aider ont des difficultés et il faut prendre les dispositions nécessaires pour avoir le financement à l’interne.

De l’avis de Zeïdane Sidalamine, enseignant et diplomate, certes la rébellion de cette année n’a pas de justification mais si la décentralisation avait été bien menée, il n’y aurait pas de rébellion. Notamment en matière de transfert des compétences et des ressources. Assa Badiallo a posé le problème de mal gouvernance et la mauvaise gestion de la crise du nord depuis la signature de l’accord d’Alger que son organisation avait fustigé à l’époque et même demandé la démission du président de la République Amadou Toumani Touré

Pour l’honorable Baba Haidara, nos partenaires occidentaux doivent arrêter de payer des rançons pour la libération des otages. Selon lui, le payement des rançons constitue une source de financement du terrorisme. Il a par ailleurs appelé à une marche blanche qui verra des milliers de manifestants civils et pacifiques déferler dans les zones occupés pour la libération du Nord. Il n’exclut pour les milliers de manifestants de négocier avec les occupants qui ont eu jusque là comme cible l’armée et l’administration, mais pas la population civile. Avec cette occupation de plusieurs milliers de Maliens manifestants et occupants les lieux, les occupants seront bien contraints de s’en aller, selon l’honorable El Hadj Baba Haïdara.

Le président du Conseil régional de Kidal, Hominy Maiga, a fait remarquer un manque de methode dans beaucoup d’initiatives qui existent pour la résolution de la crise socio-politique. Selon Amadou Koita, du FDR, le Mnla était parrainé par la France de Sarkozy, et n’eût été la présence des islamistes au Nord, le Mali serait aujourd’hui divisée en deux Etats. Ce qui n’a pas été du tout de l’avis de l’Ambassadeur de la France au Mali, Christian Rouyer, qui a nié en bloc l’implication de la France dans ce qui se passe au Nord du Mali. Avant d’ajouter que l’intérêt de la France et de l’Europe est la stabilité du Mali. Ce serait une perte énorme et surtout stupide d’investir des milliards pour le développement du pays et de le miner, selon l’Ambassadeur. Le Mnla n’est pas un instrument de la France pour sanctionner le Mali pour n’avoir pas obéit à certaines volontés de la France, doit-on comprendre.

Madiassa Kaba Diakité

Boukary Daou

Le Républicain du 27 Juillet 2012