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Les hommes ayant des pratiques sexuelles avec d’autres hommes en Afrique sub-saharienne sont à haut risque d’infection par le virus du sida (VIH), mais la stigmatisation dont ils font l’objet les coupent de l’accès aux programmes de prévention, souligne une étude britannique.

L’homosexualité est illégale dans la plupart des pays d’Afrique sub-saharienne et passible de la peine de mort dans quatre d’entre eux. Les homosexuels sont rejetés par leur famille, humiliés publiquement, harcelés par les autorités. Nombre d’entre eux dissimulent leur comportement par crainte des répercussions.

Des chercheurs de l’université d’Oxford ont passé en revue plus de 100 études traitant des risques d’infection par le virus du sida chez les hommes d’Afrique sub-saharienne, entre 1984 et 2004. Seules 14 d’entre elles avaient inclus les pratiques homosexuelles comme facteur de risque potentiel.

Se basant sur des données rapportées entre 2003 et 2009, ils affirment que la prévalence du virus du sida est généralement plus élevée en Afrique parmi les hommes ayant des pratiques sexuelles avec d’autres hommes que parmi la population masculine globale. Dans certains pays d’Afrique de l’ouest, par exemple, elle est plus de 10 fois supérieure.

Or, ce groupe n’est pas isolé de la population générale en termes de transmission du virus. Souvent les hommes qui ont des pratiques sexuelles avec d’autres hommes ont aussi des relations sexuelles avec des femmes.

« Les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes ont le droit, comme tous les autres Africains, de bénéficier des programmes de prévention et de soins du sida », souligne Adrian Smith, qui a dirigé l’étude.

Les chercheurs reconnaissent néanmoins une évolution positive, perceptible lors des dernières conférences africaines et internationales sur le sida.

« L’enjeu est aujourd’hui de briser le silence, de reconnaître le problème et de commencer à développer et mettre en place les programmes de prévention et de soins dont la nécessité est urgente », concluent les chercheurs.

Leur étude est publiée en ligne par la revue britannique The Lancet.

Paris (AFP) Lundi 20 Juillet 2009.