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En période de crue, sable et gravier extraits du lit du fleuve, sont difficiles à obtenir. Aussi, chaque année, à la même période, les prix de ces matériaux de construction prennent l’ascenseur.

Beaucoup de personnes, vivent de cette activité qui est pratiquée en toute saison, en de nombreux points situés sur les berges du fleuve Niger, comme Djicoroni-para, Kalabancoro « dankan, Metal Soudan …
Des tas de sable et de gravier émergent de ces endroits, qui grouillent généralement de monde et de camions.

Pourquoi les prix de ces deux matériaux de construction grimpent en saison des pluies ?

Durant l’hivernage, pour extraire le sable et le gravier, les exploitants sont obligés d’aller chercher le sable jusqu’à Badougou Djoliba sur la route de Kangaba.

Quant au gravier, son principal site d’extraction se situe à Samaya, un village situé à seulement 10 kilomètres de la frontière guinéenne. Pour s’y rendre, il faut des pirogues à moteur, et ceci constitue un problème pour de nombreux exploitants qui ne possèdent que des pirogues mues par des perches.

De même la flambée du prix du carburant accroît les charges, donc réduit les bénéfices de l’activité.

Partout, où les exploitants extraient sable et gravier, ces derniers sont tenus de payer une taxe municipale dont le montant varie selon l’endroit et en fonction de la marchandise demandée.

A Samaya, les professionnels payent de 10.000 Fcfa par mois et par pirogue pour être autorisés à exploiter le gravier.

Les frais de transport du sable et du gravier varient selon les distances : les chauffeurs prennent 15.000 Fcfa pour aller au centre-ville, et 32.000 Fcfa pour les quartiers de Koulouba, Kati et Niamana, considérés comme de longues distances.

Ainsi, tous ces facteurs expliquent la hausse du prix du sable et du gravier en hivernage.

Pour voir la différence des prix, 5 mètres cubes de gravier tamisé vendus 65.000 Fcfa en saison sèche, coûtent actuellement 100.000 Fcfa.

Quant au même volume de sable acheté à 25.000 Fcfa en saison sèche, lui coûte actuellement 40.000 Fcfa.

La mévente de ces deux matériaux, selon les vendeurs de sable et gravier, paralysant l’activité, ne serait pas due aux prix mais à un parasitage du circuit. Car, estiment-ils, les gros marchés leur parvenaient avant par l’entremise de la coopérative des exploitants de sable et gravier, mais aujourd’hui tout passe par des intermédiaires. Ces derniers, tirent le plus grand profit de l’activité en traitant directement avec les exploitants. _ Ce problème, selon eux, frappe tous les vendeurs de Bamako, donc pour pallier cette situation, ils font faire des briques qu’ils revendent

Tous les nouveaux immeubles longeant le fleuve du côté du Centre international de conférence ont, été construits sans l’apport d’un seul grain de sable et de gravier de la mine de Métal Soudan située à seulement quelques mètres des chantiers, déplorent les exploitants.

05 octobre 2006.