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La mi-juin considérée comme la période des semis est dépassée, les pluies tardent toujours à s’installer de façon abondante, d’où des interrogations et inquiétudes de cultivateurs mais aussi du citoyen lambda sur le phénomène. « D’habitude le 10 juin trouve que nous avons déjà fini avec les semis de mil et de maïs. Cette année, je ne comprends rien. Avec les premières pluies, nous avons pu faire nos labours et nous attendons désespérément une bonne quantité de pluie pour pouvoir semer. Il faut qu’il pleuve sinon ça ne va pas hein ! », s’écrie Moussa Coulibaly, un paysan, propriétaire d’une dizaine d’hectares aux environs de Baguinéda (30 km environ à l’est de Bamako).

Son inquiétude est également partagée par Amadou Dembélé, un producteur de coton de Koutiala que nous avons joint par téléphone. « Je pense que la situation est plus grave ici. Car avec les premières pluies, il y a des producteurs qui ont semé, mais ils ont perdu leurs semis à cause de la chaleur due à l’arrêt brusque de ces pluies. Tant qu’il n’y a pas de grandes précipitations, nous ne pouvons pas semer du coton. Tout ce qu’on peut faire, c’est de prier Dieu pour qu’Il nous donne de l’eau et beaucoup d’eau ».

Désobéissance à Allah

Tout comme les producteurs, ce faux-bond de la pluie inquiète les autorités, les consommateurs, etc. Le président de la République ATT n’a-t-il pas imputé la non atteinte de certains de ses objectifs prioritaires à la mauvaise pluviométrie de 2002 et de 2004 ? « Si nous avons un bon hivernage, notre taux de croissance aussi s’accroît, dans le cas contraire, c’est la catastrophe. Alors prions pour que nous puissions avoir un bon hivernage », disait-il au cours d’une rencontre.
Prier Allah le Tout-Puissant, voici le leitmotiv qui est sur toutes les lèvres dans les bureaux, les « grin », dans la rue et même dans certaines mosquées. Vendredi, dans son prêche (khoutba), l’imam d’une mosquée d’Hamdallaye-ACI imputait cet arrêt des pluies aux mauvais comportements des hommes sur terre. « Si la désobéissance au Tout-Puissant atteint un certain niveau, il va de soi que les hommes s’attendent à des sanctions divines. Les mauvais comportements s’accentuent d’année en année alors que les mosquées ne désemplissent pas ».

Ainsi précisera-t-il que notre Créateur exprime son mécontentement à travers des actes comme la rétention des eaux de pluies. C’est pourquoi il a invité les fidèles à changer de comportement afin de recevoir la miséricorde divine.

Samedi, les différentes associations islamiques du Mali ont appelé les fidèles à une grande prière collective pour demander au Clément de la pluie et un bon hivernage.
Sidiki Y. Dembélé

20 juin 2006