Partager

Les quantités de pluie recueillies au cours de la décade précédente ont été déficitaires dans l’ensemble.Le cumul des pluies recueillies est déficitaire dans les régions de Kayes, Koulikoro, Ségou, l’ouest des régions de Mopti et Tombouctou, le nord-ouest de celle de Gao et les localités de Hombori et Kidal. Ailleurs, il est normal à excédentaire. Il est toutefois inférieur à celui de l’année dernière à la même date. La situation hydrologique décadaire a été caractérisée par l’amorce de la montée des niveaux sur les cours d’eau à l’exception des retenues des barrages de Sélingué et de Manantali. Les niveaux moyens décadaires sont supérieurs ceux de la moyenne sur tous les cours d’eau excepté le Niger à Gao. D’une manière générale, les semis se poursuivent dans les principales zones agricoles du pays.

jpg_hivernage.jpgLes premiers semis sont au stade de levées feuilles. La situation phytosanitaire a été dominée par la présence des oiseaux granivores qui ont constitué des dortoirs dans la végétation des roseaux dans la zone de Niono (Séribala à Dogofri). Des actions de protection contre les oiseaux granivores ont été menées dans la zone de Niono (Molodo, Marico, N’Débougou) et des mouches de fruits ont commencé à infester les mangues dans les régions de Sikasso (cercles de Yafolila, Kolondiéba, Bougouni, Kadiolo) et Koulikoro (Kati, Baguinéda).

Le traitement a concerné 5000 ha dont 4000 dans la région de Sikasso et 1000 ha à Koulikoro (Kati, Baguinéda). La présence de chenilles défoliatrices est déclarée dans les cercles de Macina sur les cultures de riz en pépinière et Dioila. Des interventions chimiques ont été entreprises par certains producteurs.

La situation du criquet pèlerin a été caractérisée par une accalmie générale sur l’ensemble du territoire. Aucune signalisation n’a été enregistrée. La régénération des pâturages herbacés se poursuit dans la région de Sikasso et le sud des régions de Kayes et Koulikoro. Ailleurs, la situation reste mauvaise malgré quelques précipitations enregistrées par endroits. Les conditions d’abreuvement s’améliorent dans plusieurs localités au sud du pays avec la reconstitution de nombreux points d’eau de surface.

La situation reste encore préoccupante dans les régions de Tombouctou, Gao et Kidal. L’état d’embonpoint des animaux et le niveau des productions animales sont jugés passables à moyens selon les zones d’élevage. Dans l’ensemble, on a constaté la maturité de certaines espèces comme le karité, le Landolphia senegalensis (zaban), le Lannea (m’péku), Gardenia sp (buré), Sclerocaria birrea (ngouna), Borassus aethiopium (sébé), Ximenia americana (tonguè), le Cola cordifolia (tabanogo).

Les conditions de vie se sont améliorées pour les ressources fauniques dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso et Ségou. Au nord du pays, les éléphants sont confrontés à des crises d’eau et des forages ont été réalisés pour l’alimentation des abreuvoirs.

La situation halieutique a été caractérisée par une augmentation des quantités de poissons dans l’ensemble des bassins hydrographiques. Cette augmentation est due aux pêches collectives des zones « mises en défense » dans les régions de Ségou, Sikasso, Tombouctou, Gao et la récolte des étangs piscicoles de Koulikoro.

Les poissons des genres “ Lates ” (saalé), Tilapia (n’teben), Mormurus (nana), Auchenoglanis (korokoto), Clarias (manogo), Brycinus (tineni) ont été plus abondants dans les débarquements. En perspective, le bulletin d’information agro hydrologique décadaire signale que sur le plan météorologique, on assistera au creusement de la dépression saharienne sur le nord du Mali et le maintien des hautes pressions du sud sur le Golfe de Guinée.

Cette situation favorisera le renforcement de la rentrée de l’air humide et occasionnera des précipitations importantes par endroits dans la partie sud du pays. Pour la prochaine décade, il est recommandé aux paysans des cercles de Sikasso, Bougouni, Koutiala, Kangaba, Kita, Kéniéba et des localités de Bancoumana, Siby, Dangassa, Dialakoroba et Kéniéroba de semer le mil, le sorgho, le maïs, l’arachide dont le cycle est de 4 mois dès que le cumul des pluies recueillies pendant la décade du 21 au 30 juin atteint ou dépasse 10 mm.

Ceux de Banamba, San, Bankass, Koro et Bandiagara peuvent semer les cycles de 3 mois au plus. Les paysans du District de Bamako et des cercles de Dioïla, Kati et Koulikoro peuvent semer le mil/sorgho dont le cycle est de 4 mois dès que le cumul des pluies recueillies pendant la décade du 21 au 30 juin atteint ou dépasse 20 mm.

Les paysans des localités de Sikasso, Bougouni, Koutiala, Kita, Misséni, Kolondiéba, Fana et Dioïla peuvent semer le coton dès que le cumul des pluies recueillies pendant la même période dépasse ou dépasse 10 mm. Les paysans de la région de Sikasso et du sud de celles de Kayes, Koulikoro, Ségou et Mopti peuvent semer le maïs, l’arachide, le niébé dont le cycle est de 3 mois dès que le cumul des pluies recueillies atteint ou dépasse 10 mm.

(Synthèse A. M. CISSE)

L’Essor du 30 Juin 2010.