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Le secrétaire général du ministère du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées avait révélé la semaine dernière, au cours d’une cérémonie de remise de don aux populations de Dialakoroba, victimes d’inondations, que cette année les pluies allaient être abondantes. Cette affirmation semble se confirmer lorsqu’on se rend dans le pays profond via la nationale 6.

En 4e région en particulier le long de la RN 6 et dans certains chefs-lieux de cercles, les cœurs des agriculteurs vibrent de joie car, les champs promettent de grandes récoltes à condition bien sûr que la pluie tombe encore et encore. Le mil, l’arachide et autres cultures vivrières sont aujourd’hui dans un bon état de feuillaison que le voyageur peut contempler.

Je partais la semaine dernière à Tominian et les paysans ou habitants que j’ai rencontrés au cours de mes brèves escales s’accordent à dire que les récoltes promettent à condition, s’empressent-ils d’ajouter, qu’il continue de pleuvoir. « Ni sanji ya fori, balo bè nogoya ».

Traduction : s’il pleut suffisamment jusqu’à la fin de l’hivernage, les produits vivriers seront moins chers, commente un paysan à l’escale de Bla. Venu nous proposer une pintade, il a dit rendre grâce à Dieu pour ce début d’hivernage « très satisfaisant ».

A l’en croire à Bla, les pluies tombent et les paysans ne se mettent pas, pour l’instant, martel en tête. Même constat à Ségou, Yangasso, San et Tomininan : le mil a atteint une certaine hauteur. L’arachide continue sa feuillaison. Et l’herbe se trouve en abondance, d’où l’embonpoint des troupeaux de bœufs que l’on peut apercevoir de temps à autre.

A Tominian, de nombreux paysans ont déjà fini les premiers sarclages et s’affairent encore à emporter du fumier organique dans leurs champs pour les jeunes pousses. Dans ce cercle où la plupart des populations sont des agriculteurs, l’inquiétude porte sur les prédateurs et l’accès des paysans aux produits phytosanitaires.

Au plan local, pour combattre les prédateurs domestiques, par décision des chefs de village, les populations ont été priées de ne plus laisser leurs bêtes en divagation sous peine d’être abattues sans autre forme de procès. « Si pour le moment, il n’y a pas de chenilles qui menacent les jeunes pousses dans notre secteur, il faut cependant s’y préparer en cas d’invasion », raconte Dami Célestin Déna, rencontré au tribunal de Tominian.

Ce paysan du village de Togo (30 km de Tominian) venu pour y établir un acte de naissance, explique que par manque de produits de traitement et en raison de leur cherté, certains paysans dans l’arrondissement de Fagasso vont perdre une bonne partie de leurs récoltes.

Zone de mares et de bas-fonds par excellence, Dami Célestin craint que les fortes pluies qui tombent sur leur contrée ne viennent occasionner des inondations comme le fut le cas, il y a trois années.

Denis Koné

24 Juillet 2008