Partager

une-148.jpgAccompagnées de collaborateurs, les deux personnalités, étaient venues jauger la situation et apporter leur soutien aux familles sinistrées. Celles-ci se sont ainsi vu remettre des moustiquaires imprégnées, de l’eau de Javel, du sucre et des bouilloires.

Dans un premier temps, la délégation a inspecté les alentours du Poste de transformation d’Énergie du Mali (EDM) où elle a pu mesurer l’ampleur des dégâts causés par les eaux. Elle s’est ensuite rendue dans une famille sinistrée, située aux abords d’un collecteur. Celle-ci fait partie des 60 premiers ménages qui doivent bénéficier de la campagne de désinfection des puits et des latrines.
Derrière cette concession, plusieurs dizaines de bananiers ont été arrachées par la puissance des eaux qui avaient débordé du collecteur. On se rappelle que le gouverneur du District de Bamako, Ibrahima Féfé Koné, qui s’était rendu sur les lieux tout juste après le déluge, avait annoncé des mesures d’urgence de déguerpissement et de recasement des familles qui occupent le passage des eaux.

Lafiabougou Koda est un quartier bâti autour d’un vieux marigot qui semble être décidé à reconquérir son territoire à la faveur de l’abondance de la pluviométrie actuelle. Ici la moindre pluie fait planer le spectre de l’inondation sur des populations qui refusent toujours d’aller s’installer ailleurs.

C’est dans les ruines d’une maison en banco que la délégation a procédé à la remise directe d’une aide « symbolique » aux familles sinistrées. Les ménages bénéficient également d’une javellisation correcte de leurs puits. Les latrines seront aussi désinfectées à l’exemple de celles de la famille Diallo. « Aucune famille sinistrée ne sera oubliée par cette opération de solidarité », a assuré Mamadou Fofana, le chef de cabinet du ministère de la Santé. L’objectif premier de cette opération est, selon la représentante de l’OMS, de prévenir les maladies diarrhéiques surtout chez les enfants.

A. M. CISSÉ

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Hivernage 2008 : toujours des soucis avec les caniveaux et collecteurs

Avec les inondations enregistrées dans certaines parties de la capitale à la suite des fortes pluies de ces dernières semaines, la question du curage et de l’entretien des caniveaux et collecteurs se pose avec plus d’acuité que jamais.

Surtout que le rythme des pluies confirme les prévisions qui avaient annoncé un hivernage particulièrement bien arrosé cette année.

Alors que les autorités chargées de l’assainissement assuraient que toutes les dispositions ont été prises pour curer caniveaux et collecteurs (voir l’Essor du 31 juillet), il s’avère aujourd’hui que ce travail n’a pas été entièrement exécuté jusqu’à présent. Et là où les ouvrages ont été curés, l’incivisme et les mauvaises habitudes des Bamakois en ont compromis l’efficacité. Dans d’autres endroits, la dimension des caniveaux est mise en cause.
Dans tous les cas, les responsables du district de Bamako qui ont installé deux dispositifs de veille et d’intervention pour répondre efficacement à d’éventuelles inondations, n’entendent pas baisser la garde. Le gouverneur du District, Ibrahim Féfé Koné, insiste ainsi sur le rôle préventif de l’opération de curage des caniveaux et collecteurs, au delà de son caractère d’assainissement. Il assure que si le curage des caniveaux est devenu systématique depuis quelques années, l’opération a considérablement gagné en envergure cette année. Les tâches ont été bien reparties. Le curage des caniveaux longeant les routes nationales est revenu à la Direction nationale des routes à travers l’Ageroute. Cette opération s’étendra sur sept mois.

Quant aux collecteurs, leur curage a été confié à la Direction nationale des pollutions et des nuisances. La mairie du District et les autres mairies s’occuperont des caniveaux. Le curage des collecteurs et caniveaux s’étendra sur toute la durée de l’hivernage.

En théorie, tout est donc bien organisé. Mais avec les récentes inondations survenues en Communes V et VI, n’est-on pas en droit de douter de la réussite de l’opération ? Le gouverneur Ibrahim Féfé Koné répond vivement par la négative à cette interrogation. Il soutient que partout où il y a eu inondation, ce sont des zones où les collecteurs et les caniveaux n’ont pas été encore curés.

Tout en assurant que l’ensemble du District sera concerné par l’opération, le gouverneur constate que certains ouvrages ont été mal conçus ou mal réalisés. Les caniveaux sont souvent trop étroits. Des études sont en cours à la Cellule technique d’appui aux collectivités de la mairie du District en rapport avec la Direction nationale de l’assainissement, et de celles des routes et l’Ageroute pour la reprise des ouvrages mal faits, a révélé le gouverneur.

Revenant sur l’inondation survenue mercredi à Taliko en Commune IV (voir l’Essor de jeudi), Ibrahim Féfé Koné juge qu’elle est la conséquence de l’occupation illicite du lit du cours d’eau. La situation confirme, de son point de vue, la pertinence des opérations de démolition déclenchées en mai dernier. Celles-ci se poursuivront donc aussitôt après l’hivernage.

S. KONATÉ

Essor du 25 aout 2008