Partager

F.T. était une élève en classe de 11ème année, domiciliée chez ses parents à Faladjè. Unique fille de papa et maman dans une modeste famille de 5 enfants, F.T. jouit d’une affection particulière de la part son père et de sa mère qui la couvrent régulièrement de toutes sortes de cadeaux. Seulement, sur un autre plan, les parents de la jeune fille sont d’une rigueur exceptionnelle : F.T. n’a jamais bénéficié du minimum de liberté pour rencontrer des copins ou des copines en dehors du domicile familial. D’ailleurs le couple a formellement interdit à F.T. de recevoir des jeunes hommes à la maison ou dans la rue. Depuis deux ans maintenant, le père de la jeune fille reconnue très brillante à l’école, lui a ordonné d’abandonner les études à cause des mauvaises langues qui racontaient que F.T. avait un amant dans son établissement. La pauvre fille a eu beau prier son père, celui-ci resta inflexible sur sa position.

Contre son gré, F.T. a ainsi abandonné l’école en 2011. Pour la consoler, son père lui ouvrit un petit kiosque dans lequel elle vendait des produits cosmétiques devant la maison familiale. Tout se passait à merveille jusqu’à ce 8 novembre 2013 quand, aux environs de 19 heures, F.T, prise d’un soudain malaise, s’effondra et perdit connaissance. Paniqués, le père et la mère de la jeune fille se précipitèrent sur elle pour la transporter vers un centre de santé. L’ayant consultée en urgence, les médecins conclurent à un paludisme chronique et exigèrent donc son hospitalisation afin qu’elle puisse être suivie de près.

F.T. revint à elle la même nuit, mais demeurait très faible. Après une dizaine de jours d’hospitalisation, la jeune fille, pour le bonheur de sa famille semblait complètement guérie, mais le 16 novembre dernier, alors que ses parents préparaient son retour à la maison, la jeune fille s’effondra de nouveau. Evanouie. Et, après l’avoir réanimée, les médecins estimèrent qu’elle ne présentait pourtant aucun signe de rechute, ni même une petite fièvre. Ils décidèrent toutefois de garder pendant quelques jours encore la jeune fille pour fin d’observation.

C’est ainsi que la mère de F.T. décida de lui tenir compagnie cette nuit là, mais exténuée par une journée fort agitée, dès 20 heures, elle tomba dans un profond sommeil. Le père de F.T. quant à lui, malgré plusieurs nuits d’insomnie à cause des soucis qu’il se faisait pour sa fille, ne pouvait encore fermer l’œil de la nuit en cette soirée du 16 novembre. C’est ainsi que, vers 23 heures, il abandonna son domicile et se rendit au centre de santé où étaient internées sa fille et son épouse.

Une fois sur les lieux, il alla droit vers la chambre où était hospitalisée sa fille, son enfant chérie. Stupéfaction ! F.T. n’était pas là. Seule, la mère dormait à poings fermés à côté du lit vide. Le père, d’abord paniqué, se calma, estimant que F.T. devait être dans les toilettes. Après une longue et vaine attente, il s’affola.

Sa fille F.T. était peut-être décédée et envoyée à la morgue ?

Dans un vacarme fou, il réveilla tout le monde, aidé par son épouse. Pendant que la mère fouillait dans tous les coins et recoins du centre de santé, le père lui, courut vers la salle de garde et défonça la porte sans autre forme de procès.

Le spectacle était indignant : F.T. était là avec un infirmier…tous deux nus. Pendant que l’infirmier cherchait à porter son pantalon, le père le rouait de coups de poings. F.T. s’apprêtait à fuir quand elle a été maîtrisée par des accompagnants de malades. L’infirmier ne devra son salut qu’à l’agilité de ses jambes. Quant à F.T., elle a été immédiatement conduite à la maison puis sérieusement chicotée. Elle aura repris depuis 2 jours du service dans son kiosque.

Les parents continuent de se demander si cet infirmier était un « régulier » ou une « occase » de leur fille F.T. Et ils ne sont pas seuls à s’interroger.

Boubacar Sankaré

Le 26 Mars du 18 Novembre 2013