Partager


Afin de faire face à la crise de l’emploi, des individus, malins et partisans du moindre effort, n’ont trouvé mieux que d’emprunter la courte échelle pour se tirer d’affaires. L’appât du gain facile éveille leur ingéniosité, ils parviennent à atteindre leurs objectifs souvent exempts de toute morale. C’est le cas de ce jeune homme âgé d’une quarantaine d’années, domicilié à Djélibougou en Commune I.

Désœuvré et ne sachant quoi faire de ses dix doigts, Mouquadam c’est le nom qu’il a pris pour se faire passer pour un marabout, prédicateur et même prêcheur.

Comme une traînée de poudre, sa renommée franchit les limites de son quartier. Elégant et éloquent, Mouquadam attire et force l’admiration par les arguments qu’il avance lors de ses prêches.

Brillant orateur, il se fait aussi passer pour un prédicateur hors pair : ses sacrifices se résument aux poulets et aux pagnes Wax. Très vite sa maison est devenue le point de convergence des filles, des garçons et de tous ceux qui traversent des moments difficiles. Car, dit-on, ce qu’il dit est irréfutable. C’est ainsi, que la grande majorité des jeunes filles de la capitale l’ont approché qui, pour avoir un mari, qui pour décrocher un diplôme, qui pour avoir un job.

Ne manquant jamais de recettes, Mouquadam est parvenu à conquérir son entourage par des miracles qu’il accomplit à chaque fois qu’un problème lui est posé. Or, Mouquadam, avec son accoutrement de pèlerin, a un faible pour les femmes. Séducteur et téméraire, il ne recule jamais. Pour arriver à ses fins, il conseille à ses victimes de se coucher avec lui pour que les djinns exaucent rapidement leurs vœux. C’est ainsi que 4 filles du coin ont eu chacune un enfant de lui.

Tout marchait pour notre charlatan jusqu’à la semaine dernière quand il fut interpellé par les parents de sa belle-sœur qui était avec elle. Cette dernière venait de tomber en grossesse. Il serait l’auteur des œuvres. En un premier temps, Mouquadam a nié en bloc ce qu’il a qualifié d’accusations gratuites tout en prononçant quelques « aouzoubilahi » !

Contrainte de dire la vérité, la petite a juré la main sur le cœur qu’elle n’a connu que Mouquadam comme homme dans sa vie et que la première fois, elle aurait été violée, que certains membres de la famille sont au courant. Elle aurait eu peur de le dire à sa sœur, c’est-à-dire la femme de Mouquadam. Des propos confirmés par deux membres de la famille.

Face à la pression, Mouquadam a fini par craquer et avouer son forfait. La nouvelle a fait le tour de la ville. Indignés, ses beaux-parents, qui ne s’attendaient pas à une telle bassesse de sa part, ont porté l’affaire devant les autorités. L’affaire est actuellement entre les mains de la police et Mouquadam médite sur son sort en attendant d’être jugé.

Notre grand marabout, qui n’avait certainement pas prévu cet épisode, a été envahi à la police par les mères de ses nombreux enfants qui, elles aussi, ne se sont découvertes qu’à la police.


Idrissa Sako

07 Juillet 2008