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Marié depuis une dizaine d’années, A.D., employé de commerce domicilié au Badialan III, n’aura jamais vécu une journée paisible à cause de ses deux épouses dont les bagarres quotidiennes n’attirent plus l’attention d’aucun voisin.

Les deux femmes en effet, (chacune mère de 4 enfants), n’hésitent pas pour un oui, pour un non, à se déchirer les robes, à s’arracher les cheveux et à se mordre le nez, en présence des enfants, qui ne savent plus à quelle « mère se vouer ». Car, malgré, les multiples interventions des voisins, les deux femmes étaient restées les mêmes, chacune jurant de ne laisser l’autre respirer de son vivant. Dans le quartier, elles ont été taxées de sorcières, de cannibales, d’extraterrestres, de malades mentales, mais rien à faire. Elles semblaient avoir bien décidé de ne vivre que pour se faire la « guerre ».

A.D., l’époux malheureux, maigrissait de jour en jour, méditant sur son triste sort avant de prendre enfin toutes ses responsabilités le 25 avril dernier. Notre employé de bureau n’a pas opté pour le divorce, mais pour une solution bien originale.

Dès le 25 avril, il fit partir ses enfants chez leurs grands parents. Lui-même a demandé et obtenu son congé au niveau de son service. Seconde partie de son « plan d’action » dès le 27 avril dernier. Il s’est acheté une jolie peau de chameau qu’il transforma en un luisant fouet qu’il imbiba de beurre de karité.
Le 29 avril, l’époux révolté mis son plan à exécution. Dès 3 heures du matin ce jour-là, il se réveilla, réunit ses deux épouses dans une chambre et s’y enferma avec elles pour les fouetter jusqu’à ramollissement. Les voisins n’osèrent même pas intervenir. Pour cette première journée de « correctionnelle », la matinée a été très calme, chacune des femmes étant occupée à soigner ses plaies.

A.D. avait compris qu’il tenait la solution de son problème.
Depuis, tous les matins A.D. exécute le même exercice. Après trois jours de ce réveil « chaud-chaud », les coépouses ennemies n’eurent d’autre choix que de déserter la maison conjugale. A.D. n’en fit pas un problème. Le 5 mai dernier, coup de théâtre ! Les coépouses ennemies, riant aux éclats, regagnèrent ensemble le domicile conjugal. Depuis, on raconte qu’elles sont devenues de vraies jumelles. Avec la bénédiction… d’un « bougounika ».

Boubacar Sankaré

26 Mars du 7 Mai 2012