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Une vulgaire histoire de fesses a mis fin à la carrière de Maxime Bernier qui fut ministre canadien des Affaires étrangères.
En janvier 2006, les Canadiens, dans un accès de colère, congédient les Libéraux du pouvoir. Après 13 ans de règne sans partage, le Parti libéral de Jean Chrétien et Paul Martin avait fini d’écœurer les citoyens par une vague successive de corruption, d’abus de biens sociaux, de copinage et de népotisme.

Cependant, ne faisant pas trop confiance aux Conservateurs de Stephen Harper, jugé docile et conciliant avec Washington, ils avaient coupé la poire en deux : un gouvernement conservateur, mais minoritaire, susceptible de motion de censure à tout moment. Les Québécois sont les plus méfiants envers les Bleus. Stephen Harper avait donc besoin d’un ministre local important, jeune, compétent et charmeur pour séduire les Québécois avant les prochaines élections qu’il compte remporter avec une majorité confortable.

C’est ainsi qu’a surgi sur la scène politique Maxime Bernier, un quadragénaire issu du secteur privé, beau, présentable et surtout très à l’aise face aux caméras. Il est bombardé d’abord ministre de l’Industrie pour faire ses armes et ensuite, il est nommé ministre des Affaires étrangères, visible sur tous les écrans. Pérorant à droite et à gauche, phosphorant sur n’importe quel sujet et donnant son avis à tout bout de champ, il se mua en vedette médiatique le temps de le dire.

Mais, Maxime Bernier, célibataire, avait également un péché mignon : son amour pour les femmes au buste généreux. Qui cherche trouve, dit-on. Dans sa quête de compagne pour une âme esseulée, il tombe sur une plantureuse blonde du nom de Julie Couillard qui ferait baver de jalousie Pamela Anderson.

L’idylle est foudroyante ! Maxime Bernier, dans son enthousiasme (ou son manque de jugement, c’est selon), se présente à sa cérémonie d’accréditation au bras de cette Julie Couillard en décolleté, ou presque déculottée.

La tenue de Julie Couillard était tellement saugrenue que les farouches bourgeoises présentes dans la salle des banquets du jour échappent à un étouffement. Non seulement Julie avait la moitié des nibards en l’air mais elle arborait une tenue affriolante, genre vacancière hilare qui venait de découvrir la Côte d’Azur.

Il n’en fallait pas plus pour susciter la curiosité des médias. « Mais qui est donc cette nymphe que le ministre Bernier exhibe partout ? » se demandent-ils en la voyant aux côtés de son amour chez George Bush, Nicolas Sarkozy, Bernard Kouchner, etc.

La moisson des journalistes explose comme une bombe à la face de Stephen Harper : Julie Couillard est l’ex-épouse d’un baron des Hell’s Angels (un groupe de motards criminels spécialisés dans la vente de drogue, le blanchiment d’argent et les liquidations de rivaux).

Mieux, avant de fricoter avec son motard, Julie Couillard sortait avec… un membre de la mafia. Cerise sur le sundae : Maxime Bernier se trimballait chez Couillard avec des documents confidentiels et ultra secrets du gouvernement qu’il laissait des jours entiers sur la… table du salon. Enfin, Julie Couillard qui ne connaît absolument rien à la sécurité avait créé une agence et convoitait un contrat assez spécial : celui de l’aéroport de Montréal !

Une fois le scandale étalé sur la place publique, Julie Couillard qui, entre-temps, avait été larguée par Maxime Bernier, se fend de révélations fracassantes sur les goûts vestimentaires assez douteux de son ex et plante le dernier boulon du cercueil ministériel en racontant l’épisode du document confidentiel sur la stratégie militaire de l’Otan en Afghanistan, abandonné sur la table de son salon pendant des semaines.

Dans un premier temps, Stephen Harper minimise le dossier en répondant qu’il s’agit là d’une affaire privée et qu’en tant que Premier ministre, il ne faisait pas du « potinage ». Puis, visiblement embarrassé et ayant du mal à fuir les médias et les questions de l’opposition au Parlement, il finit par reconnaître le manque de jugement de son poulain. Un lâchage total. Bernier n’a plus le choix. Il remet sa démission et redevient simple député.

Julie Couillard, elle, continue son bonhomme de chemin. Elle fait la Une des magazines « people » et est en train d’écrire un « livre » (plus exactement un ramassis de ses états d’âme) pour faire encore plus de cash. Car, comme le dit un de ses nombreux ex : le jour où elle entre dans votre vie par la porte, le bonheur sort par la fenêtre.

Ousmane Sow

(journaliste, Montréal)

02 Juillet 2008