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Nous sommes à Lafiabougou en Commune IV du district où vit B. T. avec sa famille. Respectueux et travailleur assidu, B. T. a cependant un défaut : il ne peut exprimer ses pensées que sous l’effet de l’alcool. Petit à petit il a commencé à fréquenter les bars et devient un alcoolique invétéré très agressif.

Ayant toujours un faible pour la femme qui lui a pourtant donné 4 enfants, dont deux garçons, B. T. a horreur de voir un autre homme aux côtés de son épouse, qui tient une gargote pour subvenir aux besoins de la famille, car dès fois B. T. peut faire 3 ou 4 mois sans mettre pieds dans la maison.

A chaque fois qu’il rentre, c’est pour des scènes de jalousie et des histoires à toute la famille et souvent les voisins ne sont pas épargnés.

Ce train de vie peu luisant continua pour Mme T. jusqu’à samedi dernier quand son mari arriva aux environs de 11 h dans sa famille. A sa grande surprise, il trouva la mère de sa femme venue de la Côte d’Ivoire en train de causer avec ses petits-enfants. Sous l’emprise de « l’eau de feu », B. T. a piqué une colère noire.

D’abord des coups de poing tombent sur sa femme, ensuite sa belle-mère est qualifiée de p… et d’entremetteuse et ses enfants sont battus à coup de bâton et de gourdins. Des injures et autres insanités graves ont été proférées. Sans aucune autre forme de procès, il a jeté au-dehors les bagages de sa femme et commandé à sa belle-mère de vider les lieux.

C’est ainsi qu’intervient un voisin qui pensait pouvoir le raisonner. Dans sa colère, il donna un coup de poing au voisin qui a aussitôt réagi en le terrassant avant de lui infliger une mémorable correction. Il ne put s’empêcher de crier. N’eut été l’intervention d’autres personnes, il serait sur un lit d’hôpital.

Avec son pantalon mouillé, il se releva en titubant et jura de ne plus jamais mettre pieds dans sa famille. Sa femme a versé des larmes. Mais la question que les spectateurs se sont posée est de savoir si les larmes de madame sont des larmes de joie ou de douleurs. En tout cas, il se raconte qu’il est difficile à une femme de renoncer à un mari… adepte d’alcool.

Idrissa Sako

17 Juillet 2008