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A court terme, il n’existe pas de solution satisfaisante à la persistance des prix élevés des denrées alimentaires de première nécessité.

« L’année 2008 sera dure, mais les perspectives pour 2009 sont extrêmement intéressantes dès lors que tous les acteurs du secteur agropastoral se sont mobilisés pour faire du Mali une puissance agricole de premier plan à l’horizon 2012 ».

Ces propos sont du directeur de l’AFD, Hervé Bougault qui était face à la presse le 22 avril dernier au siège de l’Agence à Quinzambougou. Arrivé au Mali en septembre 2007, M. Bougault a voulu ce dialogue avec la presse pour deux raisons : parler de la politique de l’AFD et de la situation particulière de la montée des prix des denrées de première nécessité et des produits pétroliers qui a été le point d’orgue des échanges. Une situation qui, selon lui, interpelle le gouvernement mais aussi les bailleurs de fonds qui financent et accompagnent les politiques publiques.

Pour le conférencier, la crise que traverse aujourd’hui le monde a été vue depuis plusieurs mois par des économistes en raison de la croissance démographique en Asie, en Chine, en Inde, en Indonésie. A l’en croire, l’explosion démographique, les changements alimentaires et les effets du changement climatique ne sont pas de nature à favoriser la baisse des prix.

Travaillant beaucoup plus pour le long terme, le directeur de l’AFD a mentionné que l’Agence en tant que bailleur n’est pas réactive, c’est-à-dire qu’elle n’a pas la solution maintenant et tout de suite à la vie chère. Néanmoins, a laissé entendre son directeur, l’AFD est prête à accompagner le Mali dans sa volonté de devenir le grenier alimentaire de l’Afrique de l’Ouest. « La hausse des prix n’est pas conjoncturelle mais structurelle parce que les prix ne vont pas descendre ».

En dépit de la crise mondiale, le directeur de l’AFD reste cependant optimiste pour le Mali. « Sur le court terme, c’est dur pour le Mali, mais sur le moyen terme il y a des opportunités de développement qui s’offrent au pays eu égard aux nombreuses potentialités hydro agricoles dont il dispose ». Le plus important, pour Hervé Bougault, c’est que malgré le caractère particulier de la situation, les autorités maliennes ne cessent d’envisager des alternatives pour tenir le cap. Dans cette dynamique, il a évoqué l’initiative « opération riz ».

A ses dires, des mesures à court terme pour gérer la tension tiennent notamment au contrôle de l’inflation à travers des mesures de soutien afin que les populations puissent avoir accès à des produits de première nécessité. Pour « l’opération riz », l’AFD s’est engagée à examiner la question avec diligence pour voir dans quelle mesure elle peut apporter son concours.

La France, grâce notamment aux interventions de l’AFD, est un partenaire majeur du Mali en matière d’aide publique au développement. En conformité avec les orientations du document cadre de partenariat, signé en juillet 2006 entre la France et le Mali, l’AFD privilégie trois secteurs d’intervention : le développement du secteur productif, l’eau et l’assainissement, l’éducation.

Depuis 2000, le volume des engagements de l’AFD au Mali, hors ajustement structurel, s’est élevé à plus de 100 milliards de F CFA sous forme de subventions ou de prêts concessionnels octroyés à des opérateurs intervenants dans des secteurs marchands. L’AFD est également active au plan régional, notamment pour ce qui est de la gestion de la ressource en eau du bassin du Niger.


Mohamed Daou

24 avril 2008.