Partager

hcct4.jpg
« Nous mériterons mieux des idéaux du 26 mars par l’observation et le strict respect des valeurs éthiques et fonctionnelles universellement établies comme constitutives d’une réelle culture démocratique, à savoir : la liberté, les droits de l’homme, le dialogue systématisé dans la participation aux responsabilités et le partage des pouvoirs. »

Le président du Haut conseil des collectivités, Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïdara, a fait cette appréciation du processus démocratique dans notre pays, samedi dernier dans la salle Balla Moussa Keïta du Centre international des conférences de Bamako. C’était à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la 5è édition de la Journée du Haut conseil des collectivités.

Cette cérémonie était présidée par le Premier ministre, Modibo Sidibé et s’est déroulée en présence de membres du gouvernement dont le ministre chargé des Relations avec les Institutions et porte-parole du gouvernement, Mme Diabaté Fatoumata Guindo.

Le thème de cette journée était : « Rôle du bicamérisme dans la promotion de la démocratie« . Durant deux jours, les conseillers nationaux ont discuté en atelier sur les thématiques comme « le rôle du bicamérisme dans la promotion de la démocratie« , « rôle du Haut conseil des collectivités dans la promotion de la démocratie, de son installation à nos jours« .

Deux experts du Sénat français ont présenté une communication sur le premier thème. La deuxième thématique a été traitée par le secrétaire général du Haut conseil des collectivités, N’Tji Bagayoko et Baba Berthé, conseiller à la présidence de la République.

Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïdara a expliqué que la réflexion sur le thème permettra d’identifier les obstacles au plein épanouissement de notre processus démocratique, singulièrement en ce qui concerne l’institution qu’il préside.

Il a rappelé que la Loi fondamentale de février 1992 a chargé le Haut conseil des collectivités de veiller et de contribuer à la promotion de la décentralisation, au renforcement de la démocratie locale, à la promotion des approches nouvelles de développement harmonieux du territoire, à la prise en compte de la diversité humaine et géographique du pays dans la mise en œuvre des politiques sectorielles et à la promotion du développement local et régional.

C’est à cette tâche que le Haut conseil des collectivités s’attelle depuis sa mise en place le 5 avril 2002, a assuré son président, avant d’ajouté que « notre politique opportune et volontariste de décentralisation fait du chemin chaque jour en résolvant ses propres contradictions, du fait qu’elle est de mieux en mieux comprise comme un moyen adéquat de progrès à partir de la base« .

Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïdara a promis ensuite que « le Haut conseil des collectivités se rappelle constamment l’honneur d’initier, d’orienter, et de contribuer au suivi de la décentralisation dans notre pays. »

Le président du Haut conseil des collectivités estime que la construction de la démocratie dans notre pays exige d’ouvrir un front sans merci contre la misère, l’analphabétisme, l’enclavement, l’indifférence et la mauvaise conscience.

Pour Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïdara, le fait de ne pas être une deuxième chambre du parlement limite sérieusement la portée des prérogatives de l’institution dont les avis et les propositions sont communiqués à qui de droit. Leur sort échappe au Haut conseil des collectivités a-t-il dit.

En se référant aux charges constitutionnelles, le président du Haut conseil des collectivités a soutenu que le HCC doit être le laboratoire des stratégies de lutte contre la pauvreté dans notre pays.

En outre, au plan international, le statut hybride de cette institution l’empêche de nouer des relations partenariales sauf dans les pays où une institution du même type existe, a déploré Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haïdara, expliquant que le Haut conseil des collectivités ne peut adhérer ni au réseau mondial des parlements, ni tisser des rapports de coopération avec les Assemblées nationales ou les Sénats d’autres pays.

Or ce type de coopérations a pour objectif de renforcer les compétences des institutions, grâce aux échanges d’expériences ou l’appui technique. C’est pour cette raison que le Haut conseil des collectivités a décidé de faire du lobbying auprès des autres institutions pour obtenir la réforme constitutionnelle, qui la mettra en phase de ses missions et prérogatives au service du développement local.

La question sera certainement étudiée par la Commission de réflexion sur les textes fondamentaux, mise en place par le président de la République, Amadou Toumani Touré et présidée par Daba Diawara.

A O. DIALLO

07 avril 2008.