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Les prix des denrées alimentaires de première nécessité continuent à flamber dans tous les marchés du District de Bamako, une situation qui fait planer de l’inquiétude chez les consommateurs.

Face à cette situation inquiétante, nous avons approché certains revendeurs des marchés locaux du District afin de faire un diagnostic des causes et des perspectives de la crise. Pour cela, l’enquête a porté sur la situation du premier trimestre de l’année 2008.

DES FLUCTUATIONS

Si les prix de certains produits ont connu de nos jours une légère baisse, beaucoup d’autres flambent. De ce fait, courant premier trimestre 2008, le sucre, l’huile et certaines variétés de lait ont connu une légère baisse à la fin de ce trimestre. Cette baisse se présente comme suit : le sucre jadis vendu à 18 750 F de janvier à février le sac est à 16 500 F et le kilogramme est parti de 400 à 325 F selon les marchés.

Quant à l’huile, malgré les multiples variétés, le prix du baril commence aussi à chuter légèrement. Ainsi, il est allé de 160 000 à 150 000 FCFA et le litre est vendu de 900 F à 850 F en génral selon les marchés.

Le lait est en général moins cher actuellement.

Cependant, les prix des autres types de denrées, en l’occurrence les céréales flambent. Cette hausse fulgurante des produits alimentaires à des causes multiples. D’une part, les conditions naturelles sont défavorables à une production agricole de grand rendement, d’autre part, les moyens d’exploitation et la mauvaise gestion de la production contribuent à exagérer la situation.

Aussi, la production de l’Office du Niger longtemps considéré comme le grenier de l’Afrique de l’Ouest, ne peut-il pas satisfaire les besoins alimentaires du Mali. Cette question semble être la source d’un long débat à plusieurs réponses. Mais retenons que la mauvaise gestion de la production est l’une des causes principales de cette catastrophe que traverse le Mali.

De ce fait, les commerçants de céréales dénoncent une pénurie de riz dans les zones de production, ce qui entraîne un long séjour des acheteurs afin d’avoir un chargement suffisant. Un séjour qui ne dépassait pas 3 jours pour collecter une grande quantité de riz est à 15 jours et plus.

En plus, la tonne de riz qui était achetée 300 000 F dans la zone production entre janvier et février est à 315 000 F sans compter les frais de route. Une situation qui entraîne une flambée indébutable du riz. Pour cela, selon nos sources, les variétés du riz national et la qualité des graines influencent les prix.

Pour cela, le riz national Gambiaka qui était vendu à moins de 30 000 FCFA le sac de Kg est à 31 000 F selon les marchés et le kilo a passé de 300 F en janvier, février est à 325 F CFA selon les marchés. La différence du prix dépend aussi de la position du marché par rapport au centre-ville.

A Banankabougou rive droite et à Bakaribougou rive gauche, le riz est à 350 F/Kg chez les détaillants qui annoncent une hausse du prix dans les prochains jours pendant qu’ailleurs il est entre 325 et 340 F CFA.

De nos jours, le riz importé semble plus abordable que la production nationale. Quant aux autres produits agricoles les prix se présentent de janvier, février à fin mars comme suit. Chez les grossistes des marchés locaux du District, le mais, le sorgho et le mil sont tous vendus à 12 500 F par sac de janvier à février et à 13 000 F en mars.

Et chez les détaillants, ces produits étaient vendus entre 140 F à 150 F par Kg au cours des deux premiers mois de 2008 et entre 150 F à 175 F par kilogramme en mars dans ces mêmes lieux.

Le haricot, quant à lui, est passé de 26 500 F à 27 000 F CFA le sac et le kilo est à 300 F CFA. Une situation inquiétante qui suscite beaucoup interrogations sur les perspectives. Compte tenu de la pénurie du riz dans la zone de production, beaucoup de revendeurs annoncent la catastrophe dans les périodes à venir. Une situation qui dépasse la capacité d’analyse des commerçants.

Selon certains revendeurs, en dehors des contraintes naturelles, les producteurs écoulent prématurement toute la production aux commerçants exportateurs afin de payer les redevances de l’eau et la location de la parcelle, une situation qui entraîne la pénurie précoce des denrées surtout le riz.

Cette situation dramatique se fait aussi sentir au niveau du secteur de l’élevage, ces éleveurs qui préfèrent exporter les bovins bien bâtis laissant derrière eux les boeufs maigres, entraînant aussi l’augmentation du prix de la viande. Rappelons que la viande avec os est vendue à 1400 F/Kg, tandis que celle sans os est vendue à 1500 F à 2000 selon les marchés.

Face à cette situation que notre pays traverse à l’instar de plusieurs autres, les autorités doivent contrôler la quantité des produits exportés. Ce qui se réalise par la multiplication et renforcement de la politique des banques de céréales.

Ousmane BERTHE

03 Avril 2008.