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Les Maliens vont continuer à se serrer la ceinture puisque la hausse des prix ni un phénomène à court terme ni un feu de paille. La hausse actuelle est structurelle et le gouvernement a tout intérêt à trouver des mécanismes économiques qui répondent à la crise de manière durable. Ces explications ont été données par M. Hervé Bougault, directeur de l’Agence française de développement, hier, lors d’un point de presse au siège de l’agence à Quinzambougou.

En fait, a dit le directeur de l’AFD, les subventions et exonérations, solutions actuellement préconisées par le gouvernement peuvent répondre à des soucis de régulation du marché à très court terme mais ne sont pas les solutions structurelles et viables. D’une part, les exonérations sont des dépenses coûteuses pour l’Etat, d’autre part, elles entraînent des pertes de recettes budgétaires.

Expliquant la raison de la hausse des prix qui a provoqué une tension sur les produits pétroliers et alimentaires, notamment à Bamako où les prix ont grimpé à des niveaux de 20 à 40%, M. Hervé Bougault a indiqué que la demande en produits alimentaires a augmenté dans le monde et la croissance des pays asiatiques comme la Chine s’est régulièrement inscrite dans l’ordre de 10 à 11% chaque année.

En outre, a souligné le directeur de l’AFD, l’Europe a traversé une crise de surproduction Ce qui entraîne l’abandon de surfaces cultivables. La solution précisée par l’AFD est de relancer la machine de la production. L’agence s’inscrit dans ce cadre puisqu’il privilégie trois secteurs d’intervention dans notre pays : le développement du secteur productif, l’eau, l’assainissement et l’éducation.

Depuis 2000, a souligné le directeur de l’AFD, le volume total des engagements de l’agence au Mali, hors ajustement structurel, s’est élevé à près de 156 millions d’euros soit près de 100 milliards Fcfa, principalement sous forme de subventions (74%) ou de prêts concessionnels octroyés à des opérateurs économiques.

Il a fait savoir que les priorités du gouvernement malien ainsi que l’exercice d’harmonisation et d’alignement de l’aide dans le respect des principes de la Déclaration de Paris conduisent, dès 2008 à un mouvement de concentration de l’aide française sur trois secteurs : le développement des secteurs productifs, principalement l’agro-industrie ; l’éducation, la formation et l’accompagnement de l’aménagement urbain. (hydraulique et aménagement urbain dans un premier temps).

M. Hervé Bougault a laissé entendre que les solutions à la crise actuelle doivent être inscrites dans le long terme l’augmentation de la production et le développement du secteur privé. En fait, les gouvernements africains se réfugient dans des actions qui consistent à freiner la hausse des prix alors que celle-ci est structurelle donc inscrite dans la durée. Notre pays, a dit le directeur de l’AFD peut trouver des avantages dans ces hausses puisqu’il bénéficie de sérieux atouts en matière de surfaces cultivables et d’eau.

De ce fait, les agriculteurs peuvent tirer profit de leurs productions à des prix élevés. Notre pays, a-t-il ajouté, peut exploiter ses énormes avantages comparatifs dans le secteur des céréales dont le blé, de l’élevage, de la pêche et des oléagineux. L’AFD, a-t-il assuré est prête à aider notre pays, notamment à travers le financement des centres techniques, le renforcement de la compétitivité et de la structuration des productions.

Elle appuie déjà, a dit M. Bougault, des projets à l’office du Niger, dans les régions cotonnières et demeure actionnaire à la BNDA, principalement dans le financement des campagnes (achat d’intrants, commercialisation).L’AFD compte appuyer le Mali pour atteindre un taux de croissance de 7 à 8%.

Baba Dembélé

23 avril 2008.