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Depuis une dizaine de jours, la rumeur circule dans la ville de Kidal : l’ex Lieutenant-colonel Hassane Fagaga, un ex-officier de la Garde nationale devenu chef de l’unité spéciale des méharistes de Kidal, qui avait déserté pour la énième fois les rangs de l’armée pour rallier le berger et trafiquant notoire Ibrahim Ag Bahanga, a été abattu dans l’assaut que les Forces Armées et de Sécurité ont donné à la base de ce dernier, à Tin-Assalak, les mardi 3 et mercredi 4 juin. Il semble que parmi les 20 bandits tués, figurerait Hassane Fagaga.

C’est ainsi que notre confrère, Le Malien, dans sa parution N°1162 d’hier, jeudi 12 juin, annonçait en manchette : «Bataille de Tin – Assalak, le Lieutenant-colonel Fagaga abattu par l’armée». Dans le corps de l’article, on relève, entre autres, que «si cette nouvelle de la mort de Fagaga se confirmait, en tout cas, ce serait un tournant décisif dans le règlement de cette crise instrumentalisée depuis l’extérieur».

Par le biais de la revue de la presse en langue bambara sur les ondes des radios privées, nombreux sont nos compatriotes qui ont appris cette nouvelle.

Partout, c’était la joie à telle enseigne qu’un petit groupe quelques dizaines de personnes s’est spontanément constitué pour manifester leur enthousiasme, hier matin, devant l’Assemblée nationale et apporter à la représentation nationale leur soutien indéfectible. Un acte hautement symbolique.

Réunis au même moment à huis clos, dans la salle Awa Kéïta, les députés ne se sont pas rendus compte de cette situation. Les manifestants n’ont donc pas été reçus par ceux qu’ils sont censés soutenir.

Face à cette donne, nous avons réactivé nos différentes sources pour en savoir davantage. Il nous est donc revenu qu’effectivement, la rumeur de sa mort avait couru à Kidal, mais elle n’a pas été confirmée. Toutefois, de sources concordantes, il semble que Fagaga fait partie des blessés et non des tués de l’attaque de la base de Ibrahim Ag Bahanga.

Ceux-ci auraient été transportés à bord de deux véhicules 4X4 par les bandits armés eux-mêmes jusqu’en territoire algérien, où ils auraient été admis dans un hôpital militaire, dans la ville de Tamanraset. Ce qui ne serait pas surprenant si l’on se rappelle que le président ATT lui-même avait laissé entendre, lors de sa traditionnelle conférence de presse du 8 juin que des bandits armés blessés avaient été secourus par le Croissant Rouge algérien algérien.

En outre, de source diplomatique, nous avons appris que Alger a demandé et obtenu des deux parties un cessez- le feu.

Le président Boutéflika est en train, semble t-il, de voir comment relancer les négociations entre Bamako et les bandits armés de Kidal, sur la base de l’Accord d’Alger, signé le 4 juillet 2006.

Quand nous écrivions hier qu’il fallait redouter que des pressions intérieures ou extérieures ne viennent stopper l’offensive salvatrice lancée par nos forces armées (voire l’éditorial de notre Directeur de publication, Saouti Haïdara, dans notre édition d’hier).

Chahana TAKIOU

L’Indépendant du 13 Juin 2008