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Le sport est un moyen de se maintenir en forme et de se détendre, mais il peut prendre une autre dimension notamment pour les personnes handicapées

jpg_une-2205.jpgConnaissez-vous Nanténin Keïta, la fille du chanteur Salif Keïta ? Sans doute parce que depuis quelques années, cette Franco-Malienne est l’athlète la plus titrée et la plus populaire de l’équipe de France handisport. Née avec une déficience visuelle catégorie 13 et albinos comme son père, Nanténin Keïta a fait ses premiers pas dans le sport à l’âge de 12 ans. Très vite elle est remarquée pour ses performances exceptionnelles avec les valides. Nanténin intègre ensuite l’équipe de France handisport à 16 ans et devient championne du monde du 200m en 2006. Depuis elle écume les titres, les records et les podiums : plusieurs fois championne de France handisport, championne de France 400m handisport en 2012, Médaillée de bronze en 2011 au 100m et 4è du 400m au championnat du monde (deux fois recordwoman du monde du 100m en 2009). Ce n’est pas tout, Nanténin Keïta a été championne du monde du 200 et 400m à Assen en 2006, vice championne paralympique du 200m et Médaillée de bronze du 400m aux J. O de Pékin en 2008.

L’histoire de la fille de Salif Keïta prouve que les personnes handicapées physiques ou mentales peuvent parfaitement pratiquer le sport, voire rivaliser avec les athlètes valides. En effet, si le handicap peut provoquer une blessure, une souffrance physique ou morale voire un sentiment d’injustice, il ne constitue pas aujourd‘hui un obstacle à la pratique du sport. Au contraire et comme le prouve l’histoire de Nanténin Keïta, il peut permettre un certain bien-être, à la fois physique et mental. Mamadou Sylla dit Franck lui, est un handicapé physique. Ancien pensionnaire du centre de football de l’Institut national de la Jeunesse et des Sports (INJS), ce jeune garçon a vu son rêve de devenir footballeur brisé par un accident.

Handicapé à vie, Mamadou Sylla continue malgré à pratiquer le sport, mais pas la même discipline. «Je n’ai pas cessé de pratiquer le sport après mon accident, j’ai juste changé de discipline. Ainsi, chaque soir je viens au stade précisément dans la salle de gymnastique et ça m’aide beaucoup dans la thérapie», confie-t-il. Sourd-muet, Ichacka Dembélé est un pratiquant de taekwondo au dojo Moussa Camara. Au début, raconte le promoteur de ce dojo, Ichaka Dembélé a eu des problèmes d’intégration et s’entraînait seul. Mais au fil des mois, il a réussi à intégrer le groupe et depuis, il est comme tous les pensionnaires du dojo. «C’est un garçon super intelligent qui a vite assimilé les règles du taekwondo et l’esprit de groupe», témoigne Maître Moussa Camara. Aminata Doumbia, une thérapeute spécialiste en rééducation à la neurologie dans une clinique de la place, estime que le handisport n’est pas médiatisé au Mali.

Conséquence, dit-elle, «les handicapés maliens ont tendance à se sédentariser, à se renfermer sur eux-mêmes, à craindre le regard des autres s’ils sortent». Aujourd’hui, de nombreux sports peuvent être proposés aux sujets handicapés comme les sports de glisse c’est à dire les chaises roulantes et l’athlétisme. La première discipline est encore peu connue au Mali, mais on peut s’autoriser à dire qu’elle ne devrait plus rester longtemps à l’ombre des autres sports. C’est ce que souhaitent en tout cas les personnes handicapées de notre pays.

Seïbou S. KAMISSOKO

L’Essor du 2 Octobre 2013