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L’épanouissement de la couche juvénile au Mali voire en Afrique demeure toujours un problème. Hamidou Barry, chargé du projet Afflateen destiné à l’éducation sociale et financière chez les jeunes de 14 à 19 ans, nous donne plus d’informations. Cette forme d’éducation pourrait être un atout favorable pour les jeunes.  

Quelle analyse faites-vous de l’insertion sociale des jeunes de 14 à 19 ans au Mali ? 

Hamidou Barry : Comme on le dit souvent, l’avenir d’un pays appartient à la jeunesse. Il faut que cette jeunesse ait une certaine capacité. L’acquisition de cette capacité passe une éducation sociale pouvant renforcer leurs compétences de vie et le développement personnel. Et évidemment à leur donnant l’amour du pays. 

Le projet Afflateen est un programme d’éducation sociale et financière destiné aux jeunes de 14 à 19 ans. Il est mis en œuvre pour le moment dans le District de Bamako et environs (Kati) et dans la région de Kayes. J’ai lu le manuel et j’ai aussi participé à la contextualisation de ce manuel de ce projet. C’est un manuel qui va vraiment bénéficier aux jeunes beaucoup plus qu’aux facilitateurs (enseignants). C’est un programme qui va leur aider et leur permettre de connaître certaines choses auxquelles ils n’ont pas accès à leurs âges. Une éducation sociale et financière est vraiment importante pour les jeunes. C’est encourageant surtout parce qu’il y a des méthodes d’apprentissages qui peuvent leur permettre d’apprendre des leçons dans une ambiance assez saine et détendue. 

Tout enfant qui bénéficiera d’un tel programme sera une autre personne dans l’avenir. Ça, c’est sûr. Nous avons vu des exemples l’année passée. Et cette année, nous voyons qu’il y a des enfants qui adhèrent à cette éducation. Parce qu’il y a des thèmes qui sont importants dans notre manuel de facilitateur. 

Selon vous, quel serait l’impact d’une éducation sociale et financière chez les jeunes de 14 à 19 ans ? 

H. B : La jeunesse avec une éducation sociale et financière est une jeunesse capable, une jeunesse compétente et acteur de leur propre changement. Changement pour eux-mêmes, pour leur famille, pour leur communauté, pour leur pays et pour un monde meilleur. L’objectif du programme Afflateenétait de former 2000 jeunes dans l’éducation sociale et financière. On peut dire que d’ores et déjà, cet objectif a été atteint. Parce qu’actuellement, plus de 2093 jeunes bénéficient de notre programme. Nous avons déjà formé 71 spécialistes en éducation sociale et financière. C’est-à-dire les formateurs et les facilitateurs. Les facilitateurs sont les enseignants qui mettent le programme en œuvre dans les classes. Ce programme est même validé par le ministère de l’Education nationale depuis décembre 2020 et peut être utilisé dans toutes les classes (en respectant la fourchette d’âge). Nous informons régulièrement les autorités scolaires sur le progrès de notre projet. 

C’est encore une source de motivation pour aller implanter ou enseigner notre programme dans les autres localités. C’est un programme qui va pousser les jeunes à aller vers le domaine de l’entreprenariat. L’Etat malien n’a pas la capacité de recruter tous les sortants des universités ou des écoles professionnelles. Dès 14, 19 ans, si on a accès à des enseignements qui peuvent nous pousser à entreprendre, c’est encore bénéfique. Nous allons aussi organiser des visites dans des institutions financières ou banques pour permettre aux jeunes de se familiariser à l’outil bancaire.

A travers cette initiative, quel est le message que vous transmettre à la jeunesse en particulier et à la population en général. 

H B : Le développement d’un pays passe par la formation de ses fils qu’ils soient dans le formel ou dans le non-formel. Chaque couche de la société a besoin d’une éducation sociale et financière pour être acteur de changement pour une nation meilleure. 

Nous sommes confrontés à un manque de fonds pour nous permettre d’élargir notre programme à l’échelle nationale. Actuellement, nous sommes présents dans deux régions à savoir Bamako et environs (Kati) et Kayes. Il faut qu’on ait un fond assez important pour nous lancer dans d’autres régions. Nous envisageons également de former les ONG et associations locales en éducation sociale et financière pour qu’après ce projet l’éducation sociale et financière puisse continuer au Mali. 

Jacques Coulibaly 

@Afribone