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La mise sous mandat de dépôt du Végal est exploitée comme une opposition entre magistrats et le Bureau du Vérificateur général (BVG). Le Syndicat libre de la magistrature (Sylima), à travers son secrétaire général, clarifie sa position.

Le Végal Sidy Sosso Diarra a maille à partir avec la justice malienne. Il fait l’objet de deux procédures distinctes. La première est en instruction au Pôle économique depuis le 25 mars 2009. Elle est relative à une plainte pour « faux et usage de faux et d’abus de biens sociaux », déposée par le Vérificateur général adjoint, le contrôleur général de police Modibo Diallo.

La deuxième pour laquelle il a été mis sous mandat de dépôt le 31 mars 2009 par le juge d’instruction de la Commune IV, porte sur une affaire qui l’oppose à des magistrats qui ont gagné leur procès à la Section administrative de la Cour suprême pour leur détachement au BVG. Le refus d’appliquer l’arrêt de la Cour suprême avec réquisition de force de l’ordre lui a valu une plainte qui s’est soldée par son incarcération à la Maison d’arrêt centrale avant sa mise en liberté provisoire sous caution.

Depuis, certains proches de Sidy Sosso Diarra en dehors de l’Ordre des comptables et experts-comptables agréés, qui a joué la carte de la diplomatie dans son point de presse du 2 avril 2009, voient la main des magistrats derrière cette affaire. Par voie de presse ou par multimédia ou Internet, chacun y va de ses commentaires et supputations.

D’aucuns parlent même de corporatisme, estimant comprendre que « le corps de la magistrature a enfermé le Végal pour soutenir des collègues magistrats qui se sont constitués partie civile dans la deuxième procédure contre Sidy Sosso Diarra ». Des internautes, dans des propos véhéments, ne cessent de jeter de l’opprobre sur la magistrature.

Le Végal adjoint

Le Sylima, qui avait envoyé au Végal une correspondance au vitriol, le 2 mars 2009 (bien avant le contentieux), est le coupable tout désigné dans cette guerre qui ne dit pas son nom. Hamèye Founé Mahalmadane, le secrétaire général du Sylima se veut clair et précis : « Ma correspondance du 2 mars 2009 est bien antérieure à l’audition du Végal par le procureur du Pôle économique et son inculpation par le juge d’instruction de la Commune IV. L’exploitation qui en est faite se fait dans un autre dessein. Le Sylima se demande comment la lettre s’est retrouvée dans les journaux alors que les ampliateurs sont connus ».

Selon Hamèye Founé, le Sylima a adressé cette lettre au Végal en réaction à des propos qu’il aurait tenus contre les magistrats devant des partenaires financiers au cours d’une réunion présidée par Bill Cataria, le représentant résident du Pnud.

« Le Végal aurait désigné le corps de la magistrature comme étant un frein au bon déroulement de sa mission de lutte contre la corruption », ajoute-t-il. Sans se cacher dernière qui que ce soit, Hamèye Founé et son bureau, qui ont rencontré le Végal quelques jours après ont donné le nom du Végal adjoint qui leur a rapporté les propos jugés outrageux vis-à-vis des magistrats.

« J’ai même ajouté devant le Végal qu’il ne doit pas jeter l’anathème sur tout un corps puisqu’il ne travaille pas avec l’ensemble des magistrats. Ses interlocuteurs sont les trois procureurs des pôles économiques. Donc, il peut reprocher des choses, mais ne doit pas s’en prendre à tout le corps » , a affirmé le secrétaire général du Sylima. Pour Hamèye, l’incident était clos depuis ce jour et le Végal s’est dit à l’aise parce qu’il croyait être l’objet de cabales de la magistrature en recevant cette lettre.

Hamèye Founé s’inscrit alors en faux contre toute idée de corporatisme ou de cabale contre Sidy Sosso Diarra. Selon lui, « les magistrats supposés être en litige avec son institution et même le juge d’instruction qui l’a envoyé en prison sont certes ses collègues, mais ne sont pas membres du Sylima ».


Abdrahamane Dicko

06 Avril 2009