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La conférence débat tenue au centre Djoliba, le 24 juillet 2010, a été animée par le Dr Cheick Tidiane Cissé, ancien directeur des études de l’ENA (école nationale d’administration). Elle consistait à réfléchir sur la proposition de modification de la constitution du 25 février 1992 initié par le président de la République. « Faire le bilan des acquis de 1991 à nos jours et voir comment éveiller la conscience populaire pour le développement du Mali», voilà l’option proposée par « Les boucliers de la démocratie » qui jugent «non nécessaire» le projet de révision constitutionnelle.

La constitution du 25 février 1992 demeure une préoccupation pour les boucliers de la démocratie. Pour le vice président, la nécessité de révision de cette loi réside dans la création d’une cour des comptes. Cela pour répondre aux engagements du Mali face aux traités sous régionaux, ont-ils indiqué. Profiter de cela pour modifier la constitution de 1992 élaborée dans un contexte particulier met en cause les acquis de la démocratie, jugent les responsables du mouvement.

Avant d’édifier l’assistance sur le processus de révision, le conférencier, Dr. Cheick Tidiane Cissé, qui est par ailleurs avocat, a fait la genèse du processus de modification de la constitution du 25 février 1992 à la création de la commission CARI (comité d’appui à la reforme institutionnelle) en 2008. Pour le conférencier, les 233 recommandations annoncées bouleverseront l’architecture constitutionnelle.

Cela, pour les boucliers, pousse plus d’un à s’interroger sur les causes réelles, profondes, le bien fondé ou l’opportunité. Le coût financier et la portée politique du projet de réformes intriguent ce mouvement d’intellectuels. Selon Dr. Cheick Tidiane Cissé, il existe autant de questionnements sur la crise de la démocratie malienne, sa justice constitutionnelle, entre autres.

Le conférencier a démontré que les réformes envisagées sous leur forme actuelle ne sont pas pertinentes et seraient, de plusieurs points de vue, dommageables pour le Mali. Pour lui, le contexte politique, économique ou social du pays conjure une réforme constitutionnelle.

Il a mis en cause la démarche et la procédure de révision et plus largement la procédure d’élaboration de ce projet de réformes politiques. Malgré l’impact sur l’avenir du pays, elles ont rompu avec la démarche participative adoptée au Mali depuis la conférence nationale de 1991, a t-il conclu.

Nouhoum Dicko

27 Juillet 2010.