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Dans une interview qu’il nous a accordée, le secrétaire général de la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), Hamadoun Amion Guindo fait le point de la grève de 72 h et le bilan de ses négociations avec le gouvernement.


Les Echos : Quel bilan faites-vous des deux premiers jours de grève ?

Hamadoun Amion Guindo : Nous avons tiré sincèrement une satisfaction dans la mesure où les secteurs sociaux intéressants ont largement suivi le mot d’ordre tout comme les secteurs économiques. Je veux parler des transports marchandises, des gros-porteurs, des industries du bâtiment, des industries alimentaires et certaines compagnies d’assurances, banques et commerces. Face à la situation qui a prévalu et qui prévaut à Bamako, il faut constater avec amertume qu’au niveau du transport urbain qui est fortement CSTM, on n’a pas suivi le mot d’ordre de grève pour une raison simple. Les bases n’étaient pas informées. Par contre, à l’intérieur du pays, au regard des résultats, affichés sur notre tableau d’évaluation, le mot d’ordre a été suivi partout dans les cercles et régions particulièrement dans l’enseignement, la santé, les travailleurs des collectivités territoriales. Il faut noter qu’à la mine de Morila, les militants se sont beaucoup mobilisés. La grève a été suivie à 98 % et elle continue conformément au mot d’ordre pour la journée d’aujourd’hui.

Les Echos :Et vos militants qui ont boycotté le mot d’ordre ?

H. A. G. : Il n’y a aucune disposition à prendre contre quelqu’un qui ne veut pas aller en grève. Il faut respecter la liberté syndicale. Il faut respecter les droits de grève et la liberté de travail.

Les Echos :Où en êtes-vous avec les négociations ?

H. A. G. : Les négociations sont arrêtées depuis mardi sur un second constat d’échec. Nous avons constaté une très forte représentation du Conseil national du patronat, de la Fédération nationale des centres de santé communautaire et du gouvernement. Onze ministres dirigés par Iba Ndiaye y étaient présents.

Les Echos :Pouvez-vous nous faire un peu le point de cette rencontre ?

H. A. G. : Nous avons noté la disponibilité du gouvernement à porter la validité du permis de conduire de 2 à 3 ans à la rencontre de mardi avec le gouvernement et le patronat. Comme résultat des négociations, c’était vraiment très maigre pour faire déplacer 11 ministres pour nous dire des choses comme ça.


Les Echos :Quelles seront vos prochaines actions aux termes de cette grève ?


H. A. G :
Dès la semaine prochaine nous allons convoquer une assemblée générale des fédérations et syndicats de Bamako, Kati et Koulikoro. Nous allons évaluer ensemble les trois jours de grève. L’assemblée prendra les décisions appropriées.


Les Echos :Envisagez-vous de déposer un autre préavis de grève ?

H. A. G : Il faut laisser le soin et la liberté aux responsables des fédérations et syndicats affiliés à la Confédération de décider de la conduite à suivre. Sinon au moins, prendre leur avis avant que le comité exécutif national en décide.

Propos recueillis par

Sidiki Doumbia

(stagiaire)

29 novembre 2007.