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L’après Moussa Dadis Camara donne aujourd’hui lieu à un climat sociopolitique qui se débat entre le flou et l’informel. En effet, pendant que dans la capitale (Conakry), rien n’est, pour l’heure, formel concernant la mise en place et l’opérationnalité du nouveau gouvernement à mettre en place, certaines régions du pays traversent un flou dû à des troubles sociaux.

Le tout nouveau Premier ministre, Jean-Marie Doré, peine toujours à former son gouvernement. Et pour cause : d’un côté, il lui faudra trouver les hommes et femmes capables et adaptés à la situation actuelle ; de l’autre côté, il devra satisfaire toutes les tendances, autrement dit, ne léser ou mécontenter personne. Toute chose qui n’est pas une mince affaire, surtout que des tiraillements ne sont pas à exclure par rapport à la répartition de ces postes ministériels.

En effet, les Forces vives veulent bien consentir certains postes aux gens du CNDD (Conseil National pour la Démocratie et le Développement) : tels que les Affaires Etrangères, la Défense et la Sécurité. Mais à condition que le CNDD, à son tour, leur laisse la Justice, les Finances, la Communication et l’Administration Territoriale. Mais parviendront-ils à s’entendre sur le partage du “gâteau”?…

Pendant ce temps, certains hauts cadres du régime défunt de feu Lansana Conté ne comptent pas se faire oublier : ils sont en train de jouer des pieds et des poings auprès du Chef provisoire de l’État, le Général Sékouba Konaté, pour avoir, eux aussi, droit à des postes au sin du futur gouvernement. Pourvu qu’à travers eux, les anciens démons de la gabegie et de la corruption (sous Conté) ne refassent pas surface…

Sur un tout autre plan, on assiste à une certaine recrudescence de la violence. C’est ainsi que suite à des altercations entre soldats et populations dans le Nord-est du pays, plus précisément à Siguiri, l’Armée aurait appréhendé une cinquantaine de personnes qui, selon l’Agence France Presse (AFP), exigeaient le versement de la contribution financière d’une société aurifère pour le développement de la localité.

L’AFP a ainsi recueilli bien des témoignages relatifs à ces affrontements : “Les personnes arrêtées ont été transportées à Léro” (société aurifère sise à Siguiri) ; “… Même des femmes enceintes n’ont pas été épargnées. La plupart des jeunes ont fui en brousse…” ; “ Les militaires bastonnent, blessent, pillent et saccagent les petits commerces et les domiciles des citoyens. Ils ont même incendié des maisons et brûlé des motos…”. Témoignages véridiques ou par trop emportés ou empreints de passion ?…

Quoi qu’il en soit, une autorité de la gendarmerie de Siguiri aurait expliqué la raison de ces violences en ces termes : “… Oui, il y a eu des arrestations parce qu’on ne s’attaque pas impunément à l’autorité ! ”. No comment…
Cependant, ces violences surviennent après celles qui s’étaient déroulées il y a quelques jours à Nzérékoré (le fief natal de l’ancien Chef du CNDD), entre les pros et anti-Moussa Daddis.

Des violences à relents religieux, entre chrétiens et musulmans, qui ont commence par une banale algarade entre une femme chrétienne et un cadre communal musulman.

Oumar DIAWARA

17 Février 2010