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Puisqu’il n’y a pas une infraction dans notre pays qui s’appelle guérilla, la plupart des comportements qui la sous-tendent sont qualifiés d’actes de terrorisme.

La guérilla en tant que telle n’est pas définie par la loi malienne. Selon Boubacar Sidiki Samaké, procureur de la République près le Tribunal de première instance de la Commune VI, il n’y a pas une infraction au Mali qui s’appelle guérilla. Cependant, l’infraction qui est prévue par la loi et qui se rapproche de la guérilla, est la rébellion.

Toutefois, le procureur Samaké explique que la guérilla comporte un ensemble d’actes qui sont tous réprimés par la loi. Autrement dit, tout ce qui est dans la guérilla est réprimé par la loi. En guise d’illustration, le magistrat parle du fait d’accomplir un acte de violence à l’aide d’un dispositif, d’une substance ou d’une arme dans un aéroport ou un acte qui est de nature à causer des violences graves ou la mort. Il peut tomber sous le coup du terrorisme et être réprimé par la loi. Il en est de même pour les cas d’attentats ou le fait de faire exploser une bombe.

Aux dires du procureur, la plupart de ces infractions sont punies de peines criminelles. Se référant à la loi n°8-027 du 4 juillet 2008 portant répression du terrorisme au Mali, il indique que « le fait de livrer, poser, faire exploser ou détonner un engin explosif ou tout autre engin meurtrier dans un lieu public, une installation gouvernementale ou une autre installation publique, un système de transport public ou une infrastructure : dans l’intention de provoquer ou des dommages corporels graves… », est un comportement de guérilla qui tombe sous le coup de la loi pénale. Le procureur Boubacar Sidiki Samaké de préciser que de plus en plus, ces comportements sont qualifiés d’acte de terrorisme.

Et pour lutter contre le terrorisme au plan judiciaire au Mali, annonce-t-il, la tendance est la création d’organes spécialisés au sein des tribunaux et des services de police judiciaire. « Au Mali, depuis un certain temps, on projette de créer un pôle judiciaire spécialisé pour lutter contre le terrorisme et la criminalité transnationale », souligne M. Samaké.

Le magistrat de préciser que pour les cas de guérilla, ce sont des idéologies politiques qui ont été mises en avant. Et les autres comportements de guérilla ont été sous-tendus par des idées séparatistes et actuellement au Mali par l’extrémise religieux.

Mohamed Daou

Les Echos du 22 Février 2013