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La guérilla un terme utilisé pour décrire des combats d’unités mobiles et flexibles pratiquant une guerre de harcèlement, d’embuscades, de coups de main menée par des unités régulières ou des troupes de partisans, sans ligne de front. Sa cible peut tout aussi être des civils ou militaires, selon leurs aspirations.

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Les combattants qui se livrent à la guérilla sont appelés guérilleros, mais il arrive qu’on emploie le mot guérilla pour désigner l’ensemble des combattants. La guérilla peut aussi bien être urbaine, que rurale. La guérilla, selon une source, est essentiellement une guerre politique depuis son origine. Son champ opératoire dépasse les limites territoriales d’une guerre conventionnelle de conquête territoriale pour entrer dans l’entité politique même.

La guérilla est une guerre de conquête du cœur et de l’esprit. Lorsque le cœur et l’esprit sont touchés, l’animal social qu’est l’humain est acquis sans recevoir nécessairement une seule balle ou un seul éclat d’obus. La collectivité humaine constitue l’environnement et le contexte qui orientent et délimitent les configurations et les activités possibles de la guérilla, dans la perspective de la théorie des contextes en éco politique d’une approche éco-systémique.

Une guérilla peut aussi avoir comme cible les industries pétrolières et minières à travers des séquestrations et des sabotages. Elle s’apparente à une guerre asymétrique qui est toujours celle du faible au fort, à la différence de la guerre dissymétrique, avec des cibles collatérales faibles et sans défense, comme la population et l’institution civile pour l’autorité contestée avec ses forces policières et militaires.

Les attaques récentes qui ont eu lieu à Gao présentent, selon des spécialistes de la situation du Nord du Mali, un signe précurseur de la guerre asymétrique qui se met en place. Les trois modes d’action utilisés (accrochage et harcèlement contre l’armée, attentat-suicide et pose de mines anti-soldats et anti-véhicules) sont en effet ceux d’une guérilla.

Aminata Traoré

Les Echos du 22 Février 2013