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10 h 50 : Le président russe Dmitri Medvedev a « pris la décision » d’arrêter l’opération russe « visant à contraindre la Géorgie à la paix« , lors d’une rencontre avec le ministre de la défense russe, Anatoli Serdioukov, retransmise à la télévision. « Le but de l’opération est atteint« , ajoute M. Medvedev, qui tempère toutefois son annonce, enjoignant les soldats russes de se défendre face aux éventuelles attaques géorgiennes : « Si vous deviez rencontrer un foyer de résistance [géorgien], ou faire face à des agressions, vous devriez alors les détruire« , déclare-t-il au ministre de la défense. Le commandement de l’armée russe confirme que les forces russes ont arrêté leur progression en Géorgie, mais assure qu’elles resteront sur les positions qu’elles occupent actuellement. Au même moment, Nicolas Sarkozy, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne, commence à Moscou une tournée éclair de médiation auprès de la Russie et de la Géorgie.

10 h 45 : La réunion extraordinaire OTAN-Russie sur le conflit en cours en Géorgie prévue mardi est annulée « en raison de l’opposition des Américains« , annonce le porte-parole du représentant permanent de la Russie auprès de l’OTAN, Dmitri Rogozine. Un peu plus tôt, la ministre des affaires étrangères géorgienne, Eka Tkeshelashvili, avait annulé sa venue à Bruxelles « à cause de la situation sur le terrain en Géorgie« .


10 h 30 :
Un journaliste géorgien qui couvrait le conflit pour l’hebdomadaire Russian Newsweek et son chauffeur ont été tués mardi par un obus qui a touché leur véhicule à Gori, selon un photographe de l’AFP présent sur les lieux. Et l’ambassadeur des Pays-Bas en Géorgie assure qu’un correspondant de la télévision néerlandaise RTL-2 a également été tué à Gori, dans la nuit de lundi à mardi, sans en donner l’identité. Ces morts portent à cinq le nombre de journalistes et collaborateurs de différents médias, tués depuis le début des combats en Ossétie du Sud, vendredi. Quatre autres auraient été blessés. Le siège de la télévision et de la radio locales de Gori ont été touchés par des bombardements, selon l’agence AP.


10 h 25 :
La Russie ne cherche pas à faire tomber le président géorgien Mikheïl Saakachvili, mais considère que « ce serait mieux » s’il quittait le pouvoir, déclare le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. « M. Saakachvili ne peut plus être notre partenaire« , poursuit-il. « Je ne pense pas que la Russie ait l’intention non seulement de négocier mais même de s’entretenir avec [lui]. Il a commis des crimes contre nos citoyens« .

10 h 15 : Une forte explosion a retenti mardi dans le centre de Tbilissi, la capitale géorgienne. Une explosion comparable avait été entendue dans la nuit de dimanche à lundi, provenant, selon des officiels géorgiens, d’un bombardement russe sur une cible située à cinq kilomètres de la capitale. « Nous avons aussi entendu l’explosion et essayons de déterminer ce qui s’est passé« , a déclaré le secrétaire du Conseil de sécurité de Géorgie, Alexander Lomaia. Les autorités géorgiennes ont accusé mardi la Russie de continuer à bombarder le territoire géorgien.

10 heures : La télévision publique géorgienne annonce que la place centrale de la ville géorgienne de Gori, située à une quinzaine de kilomètres de la zone de conflit en Ossétie du Sud, a été bombardée mardi. Il y aurait plusieurs victimes et « les bâtiments de l’université de Gori [ainsi que de la poste centrale] sont en feu« , selon le premier ministre, Lado Gourgenidze. « Plusieurs personnes ont été blessées et gisent sur le sol« , constate également un reporteur de Reuters. L’endroit touché est situé près d’une zone de collines où les avions russes avaient déjà attaqué des positions d’artillerie géorgiennes. Reuters a dénombré quatre explosions dans les faubourgs de la ville mardi matin, sans pouvoir déterminer s’il s’agissait de bombardements aériens ou de tirs d’artillerie.


Des bilans contradictoires.

Difficile de s’y retrouver dans les différents chiffres concernant les victimes du conflit en Géorgie et en Ossétie du Sud : ils sont le plus souvent contradictoires.

Côté russe. Le ministère des affaires étrangères a corrigé, lundi 11 août, un premier bilan à la baisse, évoquant 1 600 morts dans la population civile, en Ossétie du Sud. Tandis que dans les rangs de l’armée russe, 15 soldats ont été tués, selon les chiffres officiels, et 70 blessés. De leur côté, les autorités sud-ossètes évoquent « des milliers de disparus« , sans plus de précision.

Côté géorgien. Tbilissi parle officiellement de 95 morts et d’environ 40 blessés. Quelque 90 % des victimes seraient des civils géorgiens, a annoncé lundi le président géorgien, Mikheïl Saakachvili.

Désinformation. Tatiana Lokshina, représentante de l’organisation Human Rights Watch en Russie, a déploré, sur les ondes de Radio Liberté, « le niveau de désinformation des deux côtés du conflit quant aux différents bilans humains« .

LEMONDE.FR avec AFP, Reuters et AP | 12.08.08 | 11h11