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Un diplomate américain a exprimé mercredi l' »inquiétude » des Etats-Unis au sujet de potentielles livraisons d’armes de l’Iran à l’armée soudanaise, engagée depuis près d’un an dans une guerre dévastatrice avec des paramilitaires, soutenus eux, selon les experts, par les Emirats arabes unis.

La guerre fait rage depuis le 15 avril 2023 entre l’armée du général Abdel Fattah al-Burhane et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohammed Hamdane Daglo, ancien numéro deux du pouvoir militaire, provoquant une catastrophe humanitaire dans ce pays, l’un des plus pauvres d’Afrique de l’Est.

« Des informations font état d’une reprise des relations entre le Soudan et l’Iran, qui pourrait inclure un soutien matériel iranien à l’armée, ce qui est très troublant et une grande source d’inquiétude pour nous », a déclaré devant la presse à Washington John Godfrey, ambassadeur des Etats-Unis au Soudan.

Les Etats-Unis ont « exhorté les acteurs extérieurs à s’abstenir de fournir un soutien matériel aux deux parties belligérantes », a affirmé le diplomate, sans citer d’autres pays.

L’Egypte soutient l’armée soudanaise tandis que les Emirats arabes unis sont accusés par des experts d’appuyer fortement les FSR. Le riche Etat du Golfe a toujours démenti alors que, en décembre, le Soudan a expulsé 15 diplomates émiratis.

John Godfrey n’a pas non plus mentionné la Russie, elle aussi accusée de soutenir les paramilitaires.

Les soutiens internationaux aux belligérants « prolongent les combats » et « réduisent également les perspectives d’une issue négociée au conflit », a déploré le diplomate américain.

Les Etats-Unis ont chapeauté, avec l’Arabie saoudite, plusieurs tentatives de pourparlers diplomatiques, sans succès.

Le mois dernier, les FSR ont publié sur les réseaux sociaux ce qu’elles ont affirmé être des débris d’un drone Mohajer de fabrication iranienne appartenant à l’armée soudanaise.

Des responsables occidentaux, cités par l’agence Bloomberg, ont également affirmé que l’Iran fournissait des armes à l’armée soudanaise.

Le Soudan de l’ancien dictateur Omar el-Béchir, renversé en 2019 lors d’une révolte populaire, avait noué des relations étroites avec la République islamique.

Un soutien iranien à l’armée soudanaise inquiète d’autant plus Washington que, de l’autre côté de la mer Rouge, les rebelles Houthis du Yémen, proches de Téhéran, redoublent d’attaques ces dernières semaines sur cette voie maritime essentielle pour le commerce mondial.

Source: AFP