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En accusant les militants de partis politiques de manque de convictions politiques, le président du groupe parlementaire Parena/Sadi, Oumar Mariko, a feint d’ignorer que tout n’est pas aussi rose du côté des formations politiques, dépendantes de l’aide publique, ce qui explique leur vulnérabilité administrative et financière.

Le gros problème auquel sont confrontées les formations politiques reste la mobilisation et la gestion des ressources financières et matérielles.
Pour combler cette lacune, le groupe parlementaire Parena/Sadi a organisé le week-end dernier au siège du parti du Bélier blanc et à l’intention des députés et cadres des deux formations politiques, une session de formation en gestion administrative et financière.
L’objectif recherché est le renforcement des capacités des membres du groupe parlementaire Parena/Sadi en matière de gestion financière, de votation des lois, d’interpellation, des questions orales. Bref, de contrôle de l’action gouvernementale.

La rencontre a été l’occasion pour le député Sadi, Oumar Mariko, président du groupe parlementaire Parena/Sadi, de dénoncer une pratique en cours dans notre pays, c’est-à-dire : l’achat des consciences, la distribution de thé et autres… sucre à l’occasion des élections générales. Ce qui sous-entend que des gens militent beaucoup plus dans les formations politiques pour des intérêts purement matériels et non par conviction.
Or, pour l’élu national à Kolondiéba, les formations politiques doivent être des instruments de travail au sein desquels les militants doivent faire prévaloir leur conviction politique.

Faisant l’économie de ses propos, Oumar Mariko soutiendra que « les gens viennent dans les partis politiques pour chercher de l’argent et non par conviction. Mais une chose est sûre : les partis d’opposition n’ont pas d’argent à distribuer ».

Ce que Oumar Mariko n’a pas dit, c’est qu’une opposition, pour être crédible, doit aussi disposer d’une autonomie financière. Pourtant, il est connu de tous que les partis qui se disent de l’opposition disposent de tout sauf de cela. En accusant les citoyens de manque de conviction politique, il devait faire cas de la mauvaise administration au sein des partis politiques, y compris de l’opposition.

Les partis qui se réclament de l’opposition n’ont jamais refusé de tendre la main au moment de la répartition de l’aide publique aux partis politiques. Combien sont-ils d’ailleurs à remplir les critères d’éligibilité à cette aide aux partis politiques ? La réponse est non : ils sont une infime minorité.

Mais de cela, Oumar Mariko n’a pas pipé mot. L’on se rappellera encore que le chef de l’Etat a dû faire preuve de mansuétude en leur octroyant l’aide exceptionnelle au détriment de l’aide légale.

De fait, nos formations politiques ne sont pas exemptes de reproches et devront chaque fois partager la poire en deux quand il s’agit de critiques objectives.

Mohamed Daou

30 Juin 2010.